Publié le 4 janvier 2024 à 06h00. Avec l’arrivée de l’hiver, rhumes et grippes se multiplient. Comprendre les différences entre ces infections virales, les moyens de prévention et l’importance du repos est essentiel pour traverser cette période plus sereinement.
- Le rhume, causé par une multitude de virus, se manifeste généralement par des symptômes légers et ne nécessite pas toujours une consultation médicale.
- La grippe, due au virus de l’influenza, est plus sévère et peut entraîner des complications, notamment chez les personnes âgées ou fragilisées.
- Un sommeil suffisant (au moins six heures par nuit) est crucial pour renforcer le système immunitaire et favoriser la guérison.
Chaque année, des centaines de virus différents circulent, particulièrement durant l’automne et l’hiver, provoquant des épisodes de rhume. Les premiers signes se traduisent souvent par une irritation de la gorge, suivie de nez qui coule, d’éternuements et de maux de tête. Dans la majorité des cas, ces symptômes restent désagréables mais ne sont pas graves, l’infection touchant principalement les muqueuses du nez et de la gorge.
La plupart des rhumes sont attribués au rhinovirus – un terme générique englobant plus d’une centaine de variantes. Bien que ces virus soient similaires, leurs légères différences permettent à l’organisme d’être infecté à plusieurs reprises, même au cours d’une même saison. Si une certaine immunité se développe après un rhume, elle est spécifique au virus en question et ne protège pas contre les autres souches. C’est pourquoi il est fréquent de tomber malade plusieurs fois pendant les mois froids, car chacun d’entre nous est susceptible d’être exposé à différents virus.
Mythes et réalités sur le rhume
Contrairement à une idée reçue, le rhume n’est pas causé par le froid ou le fait de sortir les cheveux mouillés. Le froid en lui-même ne provoque pas d’infection virale. Cependant, il peut temporairement affaiblir les défenses du nez, facilitant ainsi l’action des virus déjà présents dans l’organisme. Radar avait déjà abordé cette question.
Grippe : une infection plus sérieuse
La grippe, quant à elle, est due à une seule famille de virus : les virus influenza. Ces virus ont la particularité de muter constamment, ce qui rend la réponse immunitaire moins efficace. C’est pourquoi le vaccin antigrippal est mis à jour chaque automne pour correspondre aux souches virales les plus susceptibles de circuler. Bien qu’il ne garantisse pas une protection totale, il réduit le risque de contracter la grippe chez environ six personnes sur dix et atténue les symptômes chez les autres.
Le repos, meilleur remède ?
Que l’on soit atteint d’un rhume ou de la grippe, le repos semble favoriser la guérison. Bien que cela puisse paraître évident, de nombreuses personnes continuent à travailler ou à faire du sport malgré des symptômes légers, alors que de plus en plus d’études mettent en évidence l’impact positif du repos sur le système immunitaire.
Manque de sommeil : un facteur de risque
Des chercheurs de l’Université de Californie à San Francisco (UCSF) ont démontré l’importance du sommeil. Ils ont suivi un groupe d’adultes exposés à un virus du rhume en laboratoire. Les participants qui dormaient moins de six heures par nuit étaient plus de quatre fois plus susceptibles de tomber malades que ceux qui bénéficiaient d’un sommeil suffisant. Ce n’était pas dû à une plus grande exposition au virus, mais à une réponse immunitaire moins efficace.
D’autres études confirment que le manque de sommeil perturbe le système immunitaire, ralentit la guérison et diminue l’efficacité des vaccins. De plus, un manque chronique de repos entraîne une production accrue de cortisol, une hormone de stress qui affaiblit les défenses immunitaires.
Vitamine C ou zinc : des solutions efficaces ?
Beaucoup pensent qu’il est possible d’accélérer la guérison d’un rhume ou d’une grippe en prenant des vitamines ou des minéraux. Qu’en est-il réellement ?
La vitamine C est souvent citée. Elle ne prévient pas le rhume, mais une analyse approfondie de la Cochrane Collaboration suggère qu’elle pourrait légèrement réduire sa durée si elle est prise quotidiennement. L’efficacité des comprimés de zinc reste incertaine. Ils pourraient apporter un léger bénéfice s’ils sont pris dès les premiers symptômes.
En cas de maladie, il est toujours recommandé de consulter un médecin.
Grippe : des chiffres alarmants
Chaque année, environ une personne sur quinze en France est touchée par la grippe. Les symptômes sont souvent bénins, mais peuvent parfois être graves, avec des frissons, des douleurs musculaires, des maux de tête et une forte fièvre. Chez les personnes âgées et les personnes souffrant de problèmes de santé, la grippe peut entraîner des complications telles que la pneumonie ou des problèmes cardiaques.
« Chaque année, en moyenne 4 700 personnes décèdent en France des suites de la grippe, souvent en raison de complications comme la pneumonie ou les problèmes cardiaques », explique Harald Wychgel du RIVM. « Le nombre exact varie d’une saison à l’autre, en fonction des types de virus en circulation et de l’efficacité du vaccin antigrippal. »
À l’échelle mondiale, l’impact est considérable : l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que la grippe est responsable de 250 000 à 500 000 décès chaque année, ce qui en fait une maladie infectieuse sous-estimée.
Saison grippale et vaccination
Selon M. Wychgel, la saison grippale commence généralement après les fêtes de fin d’année, bien que cela puisse varier. « Parfois, il y a un pic précoce et bref, d’autres années, un pic plus tardif. » Actuellement, les personnes à risque, telles que les plus de 60 ans et les personnes atteintes de maladies chroniques, reçoivent de leur médecin traitant une invitation à se faire vacciner contre la grippe.
Le vaccin antigrippal reste, selon le RIVM, la protection la plus efficace contre le virus. Il est mis à jour chaque année en fonction des souches virales qui circulent dans le monde. Parfois, il correspond bien aux souches présentes en France, parfois moins bien. Néanmoins, il permet de prévenir de nombreux cas graves et d’hospitalisations chez les personnes à risque.
Une bonne hygiène contribue également à prévenir la contamination : se laver régulièrement les mains à l’eau et au savon, rester chez soi en cas de symptômes et tousser ou éternuer dans le pli du coude sont des mesures simples mais efficaces.
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