Le Soudan est plongé dans une spirale de violence où l’armée et les Forces de soutien rapide (RSF) se disputent le contrôle du territoire, tandis que la population civile paie un prix terrible. Malgré une pression internationale croissante, les généraux aux commandes semblent campés sur leurs positions, compromettant les efforts de médiation.
Les RSF ont consolidé leur emprise sur l’État du Darfour occidental après la prise d’El-Fasher, dernier bastion de l’armée dans la région, à la fin octobre. Des témoignages accablants font état d’atrocités commises par les milices paramilitaires, notamment des massacres, des viols et des prises d’otages contre rançon. Des milliers de personnes ont fui El-Fasher, se réfugiant dans des zones environnantes ou traversant la frontière vers le Tchad, où la situation humanitaire est déjà précaire.
Des images satellite révèlent que les RSF ont systématiquement brûlé et enterré des corps dans des fosses communes à El-Fasher, des actes dénoncés par une organisation médicale non gouvernementale soudanaise comme constituant un « génocide ». La situation alimentaire est catastrophique : la famine a été déclarée à El-Fasher et à Kadugli, dans le Kordofan méridional, et 20 autres régions du Darfour et du Kordofan sont à risque.
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a souligné que le Soudan connaît la plus grande crise de déplacement au monde, touchant près de 14 millions de personnes, principalement des femmes et des enfants. Amy Pope, directrice générale de l’OIM, a déploré le manque d’attention médiatique accordée à cette crise.
Sur le terrain, les Forces armées soudanaises (SAF) ont revendiqué la reprise de Kazqil et d’Um Dam Haj Ahmed dans le Nord-Kordofan à la mi-novembre, conservant ainsi le contrôle de zones stratégiques du centre du pays. Cependant, les RSF et leurs alliés continuent de mobiliser des troupes et du matériel pour tenter de s’emparer de Babnusa et d’el-Obeid, des villes clés pour leur accès à Khartoum et à leurs ressources agricoles, animales et pétrolières.
Au plan diplomatique, le « Quad » – composé des États-Unis, de l’Arabie saoudite, de l’Égypte et des Émirats arabes unis – a présenté une proposition de trêve visant à ouvrir la voie à une transition vers un régime civil. Les RSF ont publiquement accepté cette proposition, tandis que les SAF l’ont rejetée en bloc. Le chef de l’armée, Abdel Fattah al-Burhan, a dénoncé une proposition qui « porte gravement atteinte aux forces armées » et maintient les RSF sur leurs positions.
Le commandant des RSF, Mohamed Hamdan Dagalo, alias Hemedti, a annoncé le 6 novembre l’acceptation de la proposition de trêve et a même décrété une « trêve humanitaire » unilatérale de trois mois le 26 novembre. Cependant, les attaques des RSF se sont poursuivies tout au long du mois de novembre.
Abdel Fattah al-Burhan a également accusé les Émirats arabes unis de soutenir les rebelles, remettant en question la crédibilité du Quad. Abu Dhabi, principal importateur d’or du Soudan, nie fermement ces accusations.
Les États-Unis ont promis de « coopérer et de coordonner » leurs efforts pour mettre fin à la guerre au Soudan, suite à un appel du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane. Une conférence de presse conjointe à Abou Dhabi, impliquant des représentants américains et émiratis, a été organisée pour promouvoir la proposition de trêve.
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