Une frappe présumée sur une résidence de Vladimir Poutine, combinée à des tensions diplomatiques exacerbées après une rencontre entre les présidents américain et ukrainien, marque une nouvelle escalade dans le conflit russo-ukrainien, qui entre dans son 1 505e jour.
Iouri Ouchakov, conseiller en politique étrangère du Kremlin, a affirmé qu’une attaque avait visé dimanche la résidence du président russe à Novgorod, dans le nord-ouest de la Russie, peu après les entretiens entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky en Floride. Moscou promet une réponse. « Cela ne restera pas sans réponse », a déclaré Ouchakov, selon les médias russes, suite à un appel téléphonique entre Trump et Poutine.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a indiqué que les défenses aériennes russes avaient intercepté 91 drones lors de l’attaque, sans faire de victimes. Volodymyr Zelensky a, quant à lui, rejeté toute implication ukrainienne, accusant la Russie de chercher à saboter les négociations de paix.
Donald Trump a exprimé son indignation face à cette attaque présumée. « J’étais très en colère à ce sujet », a-t-il déclaré aux journalistes, ajoutant qu’il attendait des éclaircissements sur les circonstances. « Nous le découvrirons », a-t-il affirmé lorsqu’on lui a demandé si les États-Unis disposaient de preuves.
Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a averti que « la réponse aux attaques de Kiev ne sera pas diplomatique » et que la Russie réévaluera sa position dans les négociations. Les Émirats arabes unis ont, pour leur part, « fermement condamné » cette « attaque déplorable » et « la menace qu’elle représente pour la sécurité et la stabilité », dans un communiqué.
Sur le plan diplomatique, Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, a qualifié l’appel téléphonique entre Poutine et Trump de « positif », sans fournir de détails supplémentaires. Volodymyr Zelensky a affirmé avoir discuté avec les dirigeants allemand, letton et finlandais pour les tenir informés des résultats de sa rencontre avec Trump et de l’état d’avancement des pourparlers de paix.
Sergueï Lavrov a réitéré la position de Moscou, exigeant que « Kiev et ses soutiens occidentaux reconnaissent les nouvelles réalités territoriales » liées à l’incorporation de la Crimée, de Sébastopol, des Républiques populaires de Donetsk et de Louhansk, ainsi que des régions de Zaporijia et de Kherson. Ces régions ukrainiennes occupées par la Russie ont été annexées par Moscou, qui les considère désormais comme faisant partie de son territoire.
Une enquête récente menée par la Fondation Ilko Kucheriv pour les initiatives démocratiques (DIF), un groupe de réflexion ukrainien, révèle que la reconnaissance de ces territoires occupés comme partie intégrante de la Fédération de Russie reste massivement rejetée en Ukraine, avec 76 % des Ukrainiens la jugeant « inacceptable ».
Les combats se poursuivent sur le terrain. Un homme de 46 ans a été tué et une femme de 49 ans blessée lors d’une attaque russe sur la ville d’Orikhiv, dans la région de Zaporijia, selon le gouverneur Ivan Fedorov. Dans la région de Donetsk, les forces russes ont fait un mort et cinq blessés dimanche, a indiqué le gouverneur Vadym Filashkin.
Dmytro Lubinets, le commissaire ukrainien aux droits de l’homme, a rapporté que sept civils qui s’étaient réfugiés dans un sous-sol de la ville de Pokrovsk ont été tués par les forces russes. Une enquête a été ouverte par le bureau du procureur général d’Ukraine concernant des allégations d’exécution de deux soldats ukrainiens capturés dans le village de Chakhove, près de Pokrovsky, par des soldats russes. « L’assassinat délibéré de prisonniers de guerre constitue une violation flagrante des Conventions de Genève et un crime international grave », a déclaré le bureau du procureur général.
Des attaques ukrainiennes ont également fait cinq blessés dans la région russe de Belgorod, ainsi que quatre civils blessés dans les régions occupées de Zaporijia et de Donetsk, selon l’agence de presse russe TASS.
Lors d’un discours télévisé depuis le Kremlin, Vladimir Poutine a affirmé que les troupes russes progressaient vers la ville de Zaporijia. Le général Valery Gerasimov, chef de l’armée russe, a déclaré que les forces russes avaient capturé 6 460 kilomètres carrés (2 494 miles carrés) de territoire en Ukraine en 2025, dont 334 villages.
Enfin, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a annoncé que les réparations de la ligne électrique près de la centrale nucléaire de Zaporijia avaient été achevées avec succès, grâce à son directeur général, Rafael Grossi.
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