À la suite de l’été 2026, qualifié de plus chaud jamais mesuré en France par Météo-France, le géographe Guillaume Faburel a identifié sept territoires jugés plus résilients à l’horizon 2050 pour faire face au dérèglement climatique.
Avec des températures moyennes atteignant près de 37 °C à Nîmes et un bilan de 8 124 morts attribués aux vagues de chaleur estivales, l’été 2026 a marqué les esprits. La question de l’habitat face au dérèglement climatique s’impose avec acuité. Environ un tiers des Français envisagent désormais de déménager pour des raisons climatiques, d’après les données rapportées par Nextplz.
Le Mouvement Rural et Post-Urbain retient trente indicateurs pour définir la résilience
Un territoire résilient ne se résume pas à une météo plus clémente ou à un marché immobilier encore abordable. Pour établir sa sélection, l’équipe menée par Guillaume Faburel a croisé une trentaine d’indicateurs écologiques et socio-économiques répartis en trois familles principales : l’environnement (comprenant les températures, l’eau, les sols et les forêts), l’économie locale (avec un regard sur les emplois et la dépendance aux énergies fossiles), ainsi que l’habitabilité quotidienne englobant les services, la santé et la mobilité.
Concernant le choix des espaces boisés, on a d’abord cherché les endroits où il reste une forêt diversifiée et non une plantation en monoculture exploitée par coupes rases
, précise le géographe au média Ladepeche.
L’analyse s’est également penchée sur la disponibilité de logements réoccupables sans artificialisation excessive des sols, sur des terres agricoles accessibles dotées de parcelles à taille humaine, et sur des ressources locales propices à la production de matière et d’énergie.

Sept territoires refuges sortent du lot en France
Pour intégrer ce club des sept
très convoité, les zones étudiées devaient valider au moins les trois quarts des indicateurs retenus. Ces espaces partagent des caractéristiques communes : une altitude modérée, une couverture forestière dense, des sols peu artificialisés et une faible densité de population. Ils pourraient potentiellement accueillir entre 4 et 5 millions d’habitants supplémentaires sans alourdir l’empreinte écologique globale, à condition d’accepter une réelle démétropolisation.
- Le Kreiz Breizh, représentant le Centre-Bretagne intérieur où le chercheur s’est lui-même installé.
- Les collines normandes, s’étendant de la Suisse normande aux Alpes mancelles, ainsi que les collines du Poitou.
- Le bocage vendéen prolongeant vers les Deux-Sèvres.
- Les plateaux du Massif central, depuis les monts du Limousin jusqu’aux Causses.
- La moyenne montagne pyrénéenne, de la vallée d’Aspe aux Hautes-Corbières.
- Les Préalpes et les Alpes, s’étirant du nord du Vercors à la vallée de la Roya.
- Le massif du Morvan jusqu’aux côtes de Meuse.
Des tensions foncières menacent ces zones rurales en transition
Ces régions ne constituent pas pour autant des havres miraculeux ou des eldorados garantis. Des territoires comme le Centre-Bretagne ou le Morvan font déjà face à des pressions notables sur la ressource en eau et sur le foncier, accentuées par l’arrivée de nouveaux habitants. Ce phénomène fait craindre aux observateurs une gentrification climatique et des difficultés d’accès au logement pour les populations locales.
De plus, ces « territoires refuges » restent exposés à certaines menaces, qu’il s’agisse de sécheresses ou de feux de forêt. Les ménages sont invités à évaluer précisément les risques propres à chaque zone — canicules, inondations, retrait-gonflement des argiles ou recul du trait de côte — en s’appuyant notamment sur des outils de prévention et d’analyse immobilière qui intègrent déjà une décote pour les biens exposés.