Publié le 25 novembre 2025 à 21h21. Le président colombien Gustavo Petro a vivement critiqué l’ancien président américain Donald Trump dans une série de publications sur le réseau social X, en marge de la COP30, pointant du doigt une approche qu’il juge irrationnelle face à la crise climatique et aux enjeux énergétiques.
- Gustavo Petro a dénoncé la position de Donald Trump sur la crise climatique, la qualifiant d’« irrationnelle » et la reliant à la survie du capitalisme fossile.
- Le président colombien a également critiqué la politique étrangère américaine, estimant qu’elle ne favorise pas une paix durable.
- Ces critiques interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre les administrations colombienne et américaine, marquées par des sanctions et des restrictions à l’encontre de personnalités colombiennes.
Dans un message publié en anglais sur son compte X, Gustavo Petro a exprimé son inquiétude face à l’avenir de la lutte contre le changement climatique, estimant que l’élection de Donald Trump compromet les efforts pour une transition vers un « capitalisme vert ». Il a souligné la contradiction inhérente au système économique actuel : « Soit le capitalisme fossile survit et entraîne l’humanité dans la tombe, soit un capitalisme vert émerge – un scénario peu probable compte tenu de l’élection du président Trump et de sa position irrationnelle sur la crise climatique – ou bien l’humanité sera contrainte de se soulever contre le capital fossile. »
Le chef de l’État colombien a également abordé la question des pays producteurs de pétrole, comprenant leur position mais les appelant à prendre conscience des conséquences des énergies fossiles. Il a notamment déclaré : « Ils vivent du pétrole, mais ils doivent aussi comprendre que le pétrole n’attire que les guerres. » Il a également fait référence au Brésil, au Mexique et au Venezuela, estimant que leurs dirigeants n’ont pas encore pleinement intégré cette réalité.
Ces critiques interviennent après une série de désaccords entre Bogota et Washington. Récemment, l’administration américaine a retiré à la Colombie sa certification dans la lutte contre la drogue, estimant que le pays n’avait pas atteint les objectifs fixés en matière d’éradication des cultures illicites. De plus, plusieurs personnalités colombiennes, dont Gustavo Petro lui-même, sa femme Verónica Alcocer, son fils Nicolás Petro et le ministre de l’Intérieur Armando Benedetti, ont été inscrits sur la liste Clinton par le Département du Trésor américain.
Par ailleurs, Gustavo Petro a réagi à une déclaration de Donald Trump sur la paix, affirmant que celle-ci ne peut être obtenue par la force.
« Partout où nous allons, l’Amérique construit la paix, et c’est une paix qui s’obtient par la force. »
Donald J. Trump
Il a rétorqué :
« Je ne crois pas que la paix s’obtienne par la force, c’est ainsi qu’on parvient à une petite paix qui se transforme plus tard en guerre. La Colombie en est un exemple. Une grande paix ne vient que d’un véritable accord, sans pression, d’un véritable dialogue et dialogue. »
Gustavo Petro
Ces échanges sur X reflètent une tension géopolitique croissante en Amérique latine, où les alignements idéologiques redéfinissent les relations régionales.