L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) coordonne depuis mai 2026 un essai clinique en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda pour tester deux traitements expérimentaux contre le variant Bundibugyo du virus Ebola, alors que l’épidémie en cours fait craindre une propagation incontrôlée.
Deux traitements en course pour une épidémie sans vaccin homologué
L’épidémie actuelle de virus Ebola, causée par le variant Bundibugyo, frappe à la fois la République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda depuis plusieurs semaines. Contrairement aux souches Zaïre ou Soudan, pour lesquelles des vaccins et traitements existent, le variant Bundibugyo n’a jamais fait l’objet d’une homologation de vaccin ou de traitement spécifique. Face à cette urgence, l’OMS a accéléré la mise en place d’un essai clinique coordonné pour évaluer deux molécules prometteuses : le remdésivir, un antiviral à large spectre, et le MBP134, un cocktail d’anticorps développé par Mapp Biopharmaceuticals.
Selon les dernières données disponibles, au 19 mai 2026, 516 cas suspects et 131 décès estimés avaient été recensés en RDC, selon le ministre congolais de la Santé, Samuel Roger Kamba. Cette situation a poussé l’OMS à déclencher, le 17 mai, son deuxième niveau d’alerte sanitaire internationale, reflétant la gravité de la situation et la nécessité d’une réponse coordonnée.
Remdésivir et MBP134 : deux approches complémentaires
Le remdésivir, déjà utilisé lors de l’épidémie de virus Ebola Zaïre en RDC entre 2018 et 2019, ainsi que contre le SARS-CoV-2, est un antiviral qui agit en bloquant la réplication du virus. Bien que son efficacité contre Ebola n’ait pas été démontrée de manière concluante, il reste une option parmi d’autres dans l’absence de traitement homologué pour le variant Bundibugyo.
Le MBP134, lui, est un traitement plus récent, développé par Mapp Biopharmaceuticals. Il s’agit d’un mélange de deux anticorps monoclonaux capables de neutraliser plusieurs souches d’Ebola. Des essais précliniques menés sur des singes infectés par le variant Bundibugyo ont montré une efficacité remarquable, avec une récupération nette chez 5 animaux sur 6, même lorsqu’ils étaient déjà symptomatiques. Ces résultats, publiés en 2019 par des virologistes de l’université du Texas Medical Branch, ont renforcé l’espoir que ce traitement puisse être efficace chez l’humain.
Larry Zeitlan, directeur général de Mapp, a confirmé que les doses nécessaires pour l’essai clinique sont disponibles, grâce à l’appui de l’Autorité américaine de recherche et développement biomédical avancé (BARDA). Cet appui logistique est crucial pour permettre le déploiement rapide des traitements dans les zones touchées.
Un essai clinique en attente d’approbation gouvernementale
L’essai clinique coordonné par l’OMS pour tester ces deux traitements est en phase finale de préparation. Il reste cependant soumis à l’approbation des gouvernements congolais et ougandais, une étape indispensable avant le lancement des tests sur le terrain. Amanda Rojek, chercheuse clinique à l’université d’Oxford et membre de l’équipe pilotant l’essai, a souligné l’urgence de la situation : « Nous travaillons jour et nuit en ce moment. »
Cet essai s’inscrit dans le cadre d’un dispositif plus large de l’OMS, conçu pour tester rapidement des traitements contre les filovirus dès qu’une épidémie se déclare. La rapidité de la mise en place de cet essai est d’autant plus cruciale que le variant Bundibugyo est responsable de seulement trois épidémies documentées dans l’histoire, aucune n’ayant donné lieu à l’homologation d’un vaccin ou d’un traitement spécifique.
Le vaccin Ervebo, une piste incertaine contre Bundibugyo
En parallèle des traitements, les experts explorent également la possibilité d’utiliser le vaccin Ervebo, développé par Merck et homologué contre la souche Zaïre d’Ebola. Une étude préclinique menée sur des macaques en 2011 avait suggéré qu’une immunisation avec un vecteur viral exprimant la glycoprotéine Zaïre pouvait protéger contre une infection par le variant Bundibugyo. Cependant, aucune donnée ne concerne directement l’efficacité de l’Ervebo lui-même contre cette souche.

Cette piste reste donc incertaine et ne peut, pour l’instant, être considérée comme une solution immédiate. Les efforts se concentrent donc sur l’essai clinique des traitements, dont les résultats pourraient offrir une lueur d’espoir dans la lutte contre cette épidémie.
Une mobilisation internationale sans précédent
La situation en RDC et en Ouganda illustre les défis persistants dans la lutte contre les épidémies d’Ebola, notamment lorsque les souches en cause sont rares et mal connues. La mobilisation internationale, coordonnée par l’OMS, est aujourd’hui plus que jamais nécessaire pour contenir cette épidémie et éviter qu’elle ne s’étende davantage.
Les résultats de l’essai clinique en cours seront suivis avec une attention particulière par la communauté scientifique et les autorités sanitaires. En attendant, la recherche médicale et les équipes sur le terrain continuent de travailler sans relâche pour trouver des solutions efficaces contre le variant Bundibugyo.
Pour toute personne concernée par cette épidémie ou souhaitant des informations fiables, il est recommandé de consulter les sources officielles, telles que l’OMS ou les ministères de la Santé des pays touchés.
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