La frénésie d’Halloween et ses achats de dernière minute génèrent une consommation de masse et des milliards de dollars de dépenses, tout en posant des risques écologiques majeurs à travers la surutilisation d’emballages en plastique et de décorations jetables.
Le marché de l’horreur et son empreinte plastique
À l’approche des fêtes, les allées des magasins spécialisés se remplissent de masques en caoutchouc au parfum chimique et de déguisements éphémères. Des enseignes comme Spirit Halloween reposent sur un modèle de vente au détail saisonnier et à fort volume, axé sur des articles jetables fabriqués à partir de plastiques bon marché et de matières synthétiques, un fonctionnement comparable à celui de la fast-fashion.
Les achats de dernière minute par des consommateurs pressés accentuent cette dynamique. La National Retail Federation estime que les dépenses de consommation consacrées à Halloween devraient atteindre 13,5 milliards de dollars, alors que la moitié seulement des acheteurs commencent leurs emplettes avant le mois d’octobre, d’après les analyses rapportées par le journal étudiant de l’Indiana.
Au-delà des vêtements eux-mêmes, le suremballage pose un problème environnemental considérable. Simone Brown, étudiante en gestion de la chaîne d’approvisionnement et en durabilité, relève l’ampleur du gaspillage plastique lié aux conditionnements. Les costumes sont enveloppés dans du plastique, mais ces sacs en plastique sont ensuite enveloppés dans encore plus de plastique, ce qui est déraisonnable
, a déclaré Simone Brown selon le média étudiant Indiana Daily Student.
L’alternative de la seconde main et le défi des étudiants
La culture exigeant une tenue différente pour chaque soir du week-end complique l’adoption de pratiques écoresponsables chez les étudiants. Olive Shurr, étudiante en création de mode et en études environnementales, souligne qu’il est souvent plus simple d’acheter en ligne des articles préfabriqués plutôt que de faire preuve d’ingéniosité.
Olive Shurr a déclaré : Je pense qu’il peut être difficile pour les étudiants de penser de manière durable en ce qui concerne les costumes d’Halloween en raison de la culture qui exige une nouvelle tenue pour chaque soir de la semaine. On a souvent l’impression qu’il est plus simple d’acheter directement un costume en ligne parce que cela demande moins d’effort intellectuel que d’en fabriquer un ou d’en modifier un.
d’après l’Indiana Daily Student.
Pour contrer cette tendance, les friperies physiques comme Goodwill ou Plato’s Closet, ainsi que les structures artistiques réutilisables telles que Art Remains Creative ReUse Center, proposent des articles durables souvent vendus sous la barre des 20 dollars. Les plateformes de revente en ligne de type Vinted ou Depop constituent également des alternatives pour trouver des pièces vintage dotées d’une meilleure qualité. Olivia Roberts, vendeuse sur Depop, estime que ces vêtements d’occasion offrent davantage de caractère et évitent l’enfouissement des textiles, favorisant ainsi des costumes originaux qui se démarquent des productions de masse.
Fabriquer des personnages fantastiques avec les objets du quotidien
Réinventer sa garde-robe ou utiliser des objets ordinaires permet d’échapper au piège des panoplies standardisées. Cat Sewell, directrice artistique et co-PDG de Polyglot Theatre, rappelle que le plaisir réside dans le jeu et la fabrication d’accoutrements insolites plutôt que dans l’achat frénétique. Des matériaux simples comme le papier, les chutes de tissu, les écharpes ou les torchons se prêtent idéalement à la création rapide.
De son côté, Kristen Ahern, fondatrice de Conscious Costume, suggère de s’affranchir des franchises populaires en imaginant de nouvelles créations à partir de ce qui se trouve déjà à la maison, qu’il s’agisse d’incarner un esprit de la nature avec des feuilles ou de fabriquer des accessoires avec du carton et du papier journal. La tendance du « DisneyBounding », qui consiste à évoquer un personnage à travers des teintes unies et des détails ciblés sans porter le costume complet, illustre cette démarche.
D’autres créateurs, à l’instar de Paula Levis ou de Nick Wakerley, rappellent que le maquillage, les coiffures, les bandages médicaux ou un simple t-shirt blanc taché avec un peu de peinture acrylique ou de colorant alimentaire suffisent à composer des silhouettes effrayantes, du vampire à la momie, sans détruire les vêtements.
Prévenir les risques d’incendie et gérer les déchets après la fête
La gestion de fin de vie des décorations et des costumes représente un enjeu de sécurité publique souligné par les autorités locales. Les collectivités et les organismes de recyclage rappellent que de nombreux accessoires lumineux intègrent des piles au lithium qui ne doivent jamais finir dans les bacs de tri traditionnels ou d’ordures ménagères.
Une mauvaise élimination de ces composants dans les centres de tri ou les bennes de collecte peut provoquer de violents incendies. Le conseil de comté de Suffolk et l’organisme FCC Environment recommandent ainsi de démonter les équipements pour en extraire les batteries avant de les recycler séparément.
Cllr Morgan Brobyn, membre du cabinet pour l’alimentation, les déchets et les affaires rurales du Suffolk County Council, a indiqué d’après le Suffolk County Council : Si vos costumes et décorations peuvent être réutilisés, donnés ou stockés pour l’année prochaine, c’est toujours la meilleure option. Et s’ils contiennent des piles, prenez un moment pour les retirer et les recycler séparément. Quelques secondes de plus peuvent aider à éviter un grave incendie.
Cassie Webster, directrice générale du négoce de matières pour les flux de recyclage et de réemploi chez FCC Environment, insiste sur le volume d’objets parfaitement utilisables jetés chaque année. La réutilisation, la réparation ou le don des déguisements permettent non seulement de réaliser des économies, mais aussi de limiter l’impact environnemental de cette période festive, tandis que les citrouilles peuvent être compostées ou transformées en cuisine plutôt que d’être abandonnées à la décharge, comme le préconisent les consignes officielles publiées par les services de l’arrondissement.