La tension commerciale entre les États-Unis et le Canada franchit un nouveau cap. Le président Donald J. Trump a signé une proclamation modifiant les tarifs douaniers sur les produits canadiens, tandis qu’à Témiscaming, au Québec, une usine de papier à l’arrêt menace de transformer la commune en ville fantôme.
Donald J. Trump signe une proclamation modifiant les tarifs douaniers
Environ 20 milliards de dollars d’exportations américaines font l’objet de tarifs de rétorsion imposés par le Canada, après l’échec des négociations commerciales cet été. Le président Donald J. Trump a signé une nouvelle proclamation le 23 octobre 2026, en vertu de la section 338 de la loi sur les tarifs douaniers de 1930, afin de resserrer la portée des droits de douane sur certains produits canadiens. Ces mesures font suite aux taxes initiales annoncées le 20 juillet 2026 et déjà modifiées le 8 septembre 2026.
Pour ajuster l’impact sur le commerce américain, l’administration a retiré de la liste des taxes des articles tels que les feuilles de contreplaqué, certains produits en papier, divers équipements de machinerie et de réfrigération, ainsi que des caisses et boîtes d’emballage.
En contrepartie, de nouveaux produits sont visés, incluant certaines valves, des tapis et des déchets.
Ces ajustements tarifaires s’appliquent à tous les biens couverts, indépendamment du fait qu’ils relèvent de l’Accord États-Unis-Mexique-Canada (USMCA), et s’ajoutent aux taxes imposées en vertu de la section 232 de la loi sur l’expansion du commerce de 1962. Les changements prennent effet le 30 octobre 2026. La Maison-Blanche relie directement cette politique à la relocalisation de la production sur le sol américain.
Une usine de papier s’arrête à Témiscaming
À Témiscaming, au Québec, la ville s’est développée il y a plus d’un siècle autour d’une vaste usine de papier et des forêts environnantes de pins, de bouleau, d’épinette et de sapin. Aujourd’hui, l’acteur économique principal de la région est à l’arrêt complet. La rupture des pourparlers commerciaux et l’escalade des tarifs douaniers américains ont poussé le propriétaire américain RYAM à prononcer, au début d’octobre, un arrêt économique d’une durée indéterminée.
La plupart des 360 employés de l’usine se retrouvent sans emploi, survivant temporairement grâce à des paiements partiels versés au titre de l’aide gouvernementale liée aux tarifs douaniers. Pour les habitants, la fermeture dépasse le simple cadre professionnel.
Les répercussions financières sont immédiates.
La valeur des propriétés résidentielles a chuté subitement, et les panneaux de vente se multiplient dans les rues de la municipalité. La communauté redoute désormais le départ des professionnels des services essentiels, qu’il s’agisse des employés d’épicerie ou des médecins du petit hôpital local.
Les répercussions locales se font sentir
Les tensions diplomatiques entre Washington d’une part, et le Canada et la Chine d’autre part, continuent de façonner le paysage économique bilatéral. Tandis que l’administration américaine fait valoir que les mesures de rétorsion canadiennes ciblent les exportations des États-Unis, la population locale subit le contrecoup direct de ces décisions géopolitiques.
Combien de temps la localité québécoise pourra-t-elle survivre à mesure que les semaines passent sans perspective de reprise pour le secteur papetier ?