Home MondeHantavirus: un nouveau cas confirmé chez un membre d’équipage rapatrié aux Pays-Bas : OMS – Santé – Santé

Hantavirus: un nouveau cas confirmé chez un membre d’équipage rapatrié aux Pays-Bas : OMS – Santé – Santé

by Clara Dubois
Un douzième cas confirmé et un suivi mondial massif

L’Organisation mondiale de la santé a confirmé, ce vendredi 22 mai 2026, un douzième cas de hantavirus lié au navire de croisière MV Hondius. Ce nouveau patient, un membre d’équipage rapatrié aux Pays-Bas via Ténérife, porte le bilan à douze contaminations et trois décès, alors que le suivi de 600 contacts se poursuit dans 30 pays.

Un douzième cas confirmé et un suivi mondial massif

Un douzième cas confirmé et un suivi mondial massif
cluster (priority): sante-sur-le-net.com
La situation sanitaire autour du MV Hondius continue d’évoluer avec la détection d’un nouveau cas positif chez un membre de l’équipage. Selon Euronews, l’individu a débarqué à Ténérife avant d’être transféré aux Pays-Bas, où il est resté isolé depuis son rapatriement. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) précise que le nombre de décès reste fixé à trois, aucun nouveau décès n’ayant été enregistré depuis le 2 mai. Toutefois, l’ampleur du traçage épidémiologique est considérable. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué que plus de 600 contacts potentiels, répartis dans 30 pays, font toujours l’objet d’une surveillance. Si la majorité des passagers est sous contrôle, un petit nombre de contacts dits à haut risque reste encore à localiser. L’effort de coordination internationale a mobilisé plusieurs nations, notamment l’Argentine, le Chili, l’Espagne, le Royaume-Uni, l’Afrique du Sud, le Cap-Vert et les Pays-Bas.

Le rôle crucial de l’Institut Pasteur de Dakar dans l’identification du virus

Le rôle crucial de l'Institut Pasteur de Dakar dans l'identification du virus
cluster (priority): Vietnam.vn
L’identification rapide de la souche responsable a été un tournant majeur de l’enquête. Au début du mois de mai, alors que le navire était immobilisé au large du Cap-Vert, des prélèvements ont été acheminés en urgence vers le Sénégal. Comme le rapporte Zonebourse, les scientifiques de l’Institut Pasteur de Dakar ont produit, en moins de 24 heures, un génome partiel confirmant qu’il s’agissait de la souche Andes du hantavirus (ANDV). Cette découverte est fondamentale car, contrairement à d’autres hantavirus, la souche Andes est connue pour sa capacité à se propager par contact humain étroit. Cette conclusion a été corroborée le jour même par des laboratoires en Suisse et en Afrique du Sud. Il est crucial de disposer, dans différentes régions du monde, de la capacité et des compétences nécessaires pour détecter ces différents agents pathogènes. C’est réellement important pour la gestion clinique des cas, mais aussi pour le traçage des contacts, qui est un élément clé. Dr Moussa Moise Diagne, virologue et responsable de la plateforme de séquençage à l’Institut Pasteur de Dakar L’intervention de l’Institut Pasteur de Dakar, membre du Pasteur Network, souligne l’importance des réseaux de recherche régionaux. L’institution a déjà soutenu une vingtaine de pays lors de la pandémie de COVID-19 et a participé à la lutte contre Ebola en République démocratique du Congo et le virus Marburg en Guinée.

Hypothèses de transmission et protocoles de surveillance

Hantavirus : les résultats des cas contacts français toujours attendus
L’origine exacte de l’infection reste sous enquête, mais les experts de l’OMS privilégient une piste environnementale. Selon des informations relayées par Vietnam.vn, le premier cas aurait pu contracter le virus par exposition à des rats infectés ou à l’environnement lors d’activités de plein air avant même l’embarquement. Une transmission interhumaine limitée se serait ensuite produite à bord du navire via des contacts étroits et prolongés. Pour contenir tout risque de propagation, un protocole strict de surveillance a été instauré :
  • Période de surveillance : 42 jours après la dernière exposition potentielle pour tous les voyageurs du navire et des vols associés.
  • Symptômes d’alerte : Maux de tête, vertiges, frissons, fièvre, douleurs musculaires et troubles gastro-intestinaux (nausées, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales).
  • Mesures pour les hauts risques : Surveillance active et isolement à domicile ou en établissement adapté pendant 42 jours.
  • Mesures pour les bas risques : Surveillance simple de l’état de santé et consultation médicale en cas de symptômes.
L’OMS a évalué le risque pour la population mondiale comme faible, tout en maintenant un niveau de risque modéré pour les passagers et l’équipage du MV Hondius.

L’anatomie d’une menace : le syndrome pulmonaire à hantavirus

L'anatomie d'une menace : le syndrome pulmonaire à hantavirus
cluster (priority): Zonebourse
Le hantavirus ne se manifeste pas de manière uniforme. Selon Sante-sur-le-net, il existe deux formes cliniques distinctes selon la souche et la région géographique. D’un côté, on trouve la forme hémorragique avec atteinte rénale (FHSR), plus fréquente en Europe et en Asie, avec une mortalité variant entre 0,4 % et 10 %. De l’autre, la forme cardio-pulmonaire, appelée syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), principalement observée sur le continent américain. C’est cette seconde forme, associée à la souche Andes, qui est la plus redoutable. Le SPH se caractérise par une progression brutale :
  • Incubation : De une à six semaines (en moyenne deux semaines).
  • Phase initiale : Symptômes grippaux (fièvre, maux de tête, douleurs musculaires).
  • Phase critique : Apparition d’une toux et de difficultés respiratoires graves entre un et cinq jours après les premiers signes.
  • Létalité : Le taux de mortalité peut atteindre 60 %.
Le mécanisme pathologique repose sur une perméabilité anormale des vaisseaux sanguins, provoquant une fuite plasmatique vers les tissus, ce qui entraîne une détresse respiratoire et cardiaque rapide. Le diagnostic est confirmé par des analyses biologiques recherchant les anticorps IgM et IgG anti-hantavirus dans le sang. Alors que l’enquête épidémiologique se poursuit, l’accent reste mis sur la vigilance. Si le risque global est jugé faible, la létalité élevée de la souche Andes et la dispersion des passagers dans 30 pays imposent une rigueur absolue dans le suivi des contacts. La capacité de détection rapide, illustrée par le travail effectué à Dakar, demeure le rempart principal contre une éventuelle extension de ce foyer.

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