Les cancers de la tête et du cou, bien plus qu’une épreuve médicale, bouleversent profondément la vie des patients, affectant leur identité et leur dignité. En Malaisie, les progrès thérapeutiques et une approche holistique offrent désormais de réels espoirs de guérison et de préservation de la qualité de vie.
Ces cancers, qui affectent la bouche, la gorge, le nez et les sinus, représentent environ 6 % des nouveaux diagnostics de cancer en Malaisie et sont responsables de 8 % des décès liés à cette maladie. Le cancer nasopharyngé, qui se développe derrière le nez, est particulièrement fréquent chez les hommes, avec plus de 1 600 cas recensés en 2022. Bien que moins courant chez les femmes (1,5 % de tous les cancers féminins), son impact reste significatif.
Au-delà des statistiques, le Dr Ben Yap Beng Khiong, oncologue clinique consultant au OnCocare Cancer Center Malaysia, souligne l’importance de considérer l’impact émotionnel et social de ces cancers. « Perdre la capacité de parler, de manger ou de profiter des repas avec ses proches peut entraîner un isolement profond et une perte de soi », explique-t-il. La stigmatisation et la peur de la défiguration ou de la perte de fonctions vitales retardent souvent la recherche de soins, réduisant ainsi l’efficacité des traitements.
Heureusement, les avancées médicales offrent des perspectives encourageantes. Des techniques de radiothérapie de précision, comme la radiothérapie à modulation d’intensité (IMRT), permettent de cibler les tumeurs tout en préservant les tissus sains, limitant ainsi les effets secondaires tels que la sécheresse buccale ou la perte auditive. L’immunothérapie et les médicaments ciblés améliorent également les taux de survie et la qualité de vie des patients, même dans les cas avancés.
« Les cancers de la tête et du cou associés au virus du papillome humain (VPH) ont généralement un meilleur pronostic et réagissent bien au traitement », précise le Dr Yap. « Il est donc essentiel d’éviter les chirurgies agressives et défigurantes chaque fois que possible. » L’infection par le VPH est de plus en plus reconnue comme un facteur de risque, en particulier chez les jeunes adultes et les non-fumeurs.
L’histoire d’un patient atteint d’un cancer avancé de la langue, pris en charge par le Dr Yap, illustre ces progrès. Grâce à une combinaison de chimio-immunothérapie, de chirurgie et de radiothérapie, une petite partie seulement de sa langue a dû être retirée, lui permettant de conserver la majeure partie de sa fonction. « Non seulement il a récupéré, mais il est retourné au travail », témoigne le Dr Yap. « Son parcours inspirera d’autres à se faire dépister et à consulter plus tôt. »
La prévention reste essentielle. La vaccination contre le VPH est fortement recommandée pour les jeunes adultes, réduisant considérablement le risque de cancers liés à ce virus. L’arrêt du tabagisme est également crucial, car il constitue un facteur de risque majeur pour les cancers non liés au VPH. Les symptômes à surveiller incluent un mal de gorge persistant, des douleurs à l’oreille, des difficultés à avaler, un enrouement ou une grosseur au niveau du cou.
En encourageant le dialogue ouvert et l’éducation communautaire, la Malaisie s’efforce de briser la stigmatisation entourant les cancers de la tête et du cou et de garantir que les patients reçoivent les soins dont ils ont besoin, dans le respect de leur dignité et de leur qualité de vie.
Référence : [1] https://gco.iarc.who.int/media/globocan/factsheets/populations/458-malaysia-fact-sheet.pdf
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