L’Association médicale malaisienne (AMM) tire la sonnette d’alarme face à une réduction drastique des primes accordées aux médecins affectés au Sabah et au Sarawak, craignant que cette mesure n’aggrave les difficultés de recrutement et de maintien du personnel médical dans ces régions.
Selon l’AMM, la nouvelle allocation d’incitation régionale (BIW), intégrée au système de rémunération de la fonction publique (SSPA), a entraîné une baisse de plus de 60 % des indemnités versées aux jeunes médecins nommés dans ces États, passant de 960 RM (environ 190 euros) à seulement 360 RM (environ 72 euros) par mois dans certains cas.
« Cette diminution n’est pas simplement une question de chiffres, mais un signal fort sur la valeur que nous accordons aux médecins qui choisissent de travailler au Sabah, au Sarawak et à Labuan », a déclaré le Dr Thirunavukarasu Rajoo, président de l’AMM, dans un communiqué publié vendredi. « Ces États sont confrontés à des défis structurels importants, notamment un coût de la vie plus élevé, des contraintes logistiques et un manque d’opportunités de formation et d’évolution de carrière. »
L’AMM souligne que le BIW n’était pas conçu comme un simple bonus, mais comme une reconnaissance des difficultés spécifiques rencontrées par les professionnels de santé exerçant dans ces territoires. La suppression de cette allocation envoie, selon l’organisation, un message décourageant aux jeunes médecins, laissant entendre que leur engagement et leurs sacrifices sont moins valorisés.
Les médecins affectés au Sabah et au Sarawak doivent souvent faire face à des sacrifices personnels importants, notamment s’éloigner de leur famille et de leur réseau de soutien, travailler de longues heures et opérer dans des conditions où la demande de soins dépasse les ressources disponibles. « Leur contribution est essentielle pour garantir l’équité en matière d’accès aux soins de santé en Malaisie et mérite d’être reconnue à sa juste valeur », a insisté le Dr Rajoo.
L’AMM a déjà alerté les plus hautes autorités, y compris le Premier ministre et les ministères concernés, sur cette question. L’organisation estime que le coût de la restauration du BIW à son niveau initial s’élèverait à environ 4,2 millions de RM (environ 830 000 euros) par an, en supposant qu’environ 700 nouveaux médecins soient affectés chaque année au Sabah, au Sarawak et à Labuan, avec une perte mensuelle de 500 RM par fonctionnaire.
Le Dr Rajoo a souligné que ce montant représente une somme modeste au regard des dépenses publiques globales, en particulier si l’on considère les sommes considérables perdues chaque année en raison de fuites, d’inefficacités ou de mauvaise gestion dans d’autres secteurs.
L’AMM précise que cette question relève de la compétence du Département de la fonction publique (JPA) et du ministère des Finances (MoF), et appelle ces agences à examiner la situation avec urgence et empathie. L’organisation réclame le rétablissement immédiat du BIW dans sa structure d’origine pour tous les agents éligibles, quelle que soit leur date de nomination, considérant cela comme un impératif d’équité.
« Pour ceux qui consacrent leur vie à prendre soin des autres, une rémunération juste n’est pas un luxe, mais un signe fondamental de respect », a conclu le Dr Thirunavukarasu Rajoo. « En prenant soin de nos professionnels de la santé, en particulier de ceux qui travaillent dans des environnements difficiles, nous défendons non seulement leur moral, mais aussi notre dignité nationale. »