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Hépatite B : pourquoi les vaccins sont-ils administrés aux nouveau-nés et comment le VHB se transmet

Publié le 4 décembre 2025 à 20h37. Un panel consultatif américain examine la possibilité de modifier les recommandations vaccinales concernant l'hépatite B chez les nourrissons, une décision qui intervient sous la direction de Robert F. Kennedy Jr., connu…

Hépatite B : pourquoi les vaccins sont-ils administrés aux nouveau-nés et comment le VHB se transmet

Publié le 4 décembre 2025 à 20h37. Un panel consultatif américain examine la possibilité de modifier les recommandations vaccinales concernant l’hépatite B chez les nourrissons, une décision qui intervient sous la direction de Robert F. Kennedy Jr., connu pour ses positions critiques envers les vaccins.

  • Les conseillers en vaccins du secrétaire américain à la Santé doivent se prononcer sur une recommandation limitant le vaccin contre l’hépatite B aux nourrissons nés de mères porteuses du virus.
  • Cette proposition marquerait un changement majeur dans la politique de vaccination nationale, en accord avec les opinions anti-vaccins de Robert F. Kennedy Jr.
  • Le panel a reporté son vote afin d’examiner plus attentivement la formulation de la proposition.

Les États-Unis pourraient assouplir leur politique de vaccination contre l’hépatite B, une décision qui suscite l’attention compte tenu du contexte politique actuel et des opinions exprimées par le secrétaire à la Santé, Robert F. Kennedy Jr. Le Comité consultatif sur les pratiques d’immunisation (ACIP) devait voter jeudi sur une proposition qui limiterait la recommandation vaccinale aux nourrissons dont la mère est positive pour l’hépatite B. Cette approche, qui laisserait le choix aux parents dans la majorité des cas, représente un changement significatif par rapport à la politique actuelle.

Cependant, le panel a finalement décidé de reporter son vote à vendredi, invoquant la nécessité d’une révision plus approfondie de la formulation de la proposition. Cette décision intervient alors que les taux d’infection par le virus de l’hépatite B (VHB) ont considérablement diminué aux États-Unis grâce à la vaccination généralisée.

Le VHB est un virus qui attaque le foie et constitue une cause majeure de cancer du foie dans le monde. De nombreuses personnes infectées ne présentent aucun symptôme, ignorant ainsi leur état. Si l’infection disparaît d’elle-même chez la plupart des adultes, elle devient chronique chez plus de 90 % des nourrissons et jusqu’à 50 % des jeunes enfants infectés. Des décennies après l’infection, les patients peuvent développer une insuffisance hépatique nécessitant une greffe du foie, mais même après une greffe, ils peuvent souffrir d’une récidive de la maladie hépatique.

Les taux d’infection par le VHB aux États-Unis ont chuté de près de 90 %, passant d’environ 9,6 pour 100 000 avant la généralisation de la vaccination à environ 1 pour 100 000 en 2018. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’en 2022, 254 millions de personnes dans le monde vivaient avec une infection chronique par l’hépatite B, avec 1,2 million de nouvelles infections chaque année.

Le VHB se transmet principalement par contact avec les fluides corporels d’une personne infectée, mais également par des piqûres d’aiguilles contaminées, des tatouages ou des piercings.

La vaccination des nouveau-nés est recommandée car, avant la disponibilité généralisée du vaccin, la transmission de la mère à l’enfant pendant l’accouchement était la principale voie d’infection. Avant l’introduction des vaccins, environ 85 % des nouveau-nés nés de mères infectées contractaient le virus, ainsi que 30 % des bébés nés de mères ayant été infectées dans le passé. Actuellement, seulement 0,7 à 1,1 % des nourrissons nés de mères porteuses du virus développent une infection malgré la vaccination à la naissance, selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC).

Depuis 2020, la vaccination universelle des nouveau-nés a été adoptée par 190 des 194 pays membres de l’OMS, et plus de la moitié de ces pays administrent le vaccin immédiatement après la naissance, selon un rapport des CDC de 2022.

Aux États-Unis, les recommandations actuelles, en vigueur depuis octobre 2016, préconisent l’administration d’une première dose du vaccin contre l’hépatite B à tous les nouveau-nés médicalement stables dans les 24 heures suivant la naissance, suivie de doses supplémentaires à l’âge de 1 à 2 mois et de 6 à 18 mois. Si la mère est infectée, la dose à la naissance est administrée dans les 12 heures suivant la naissance, accompagnée d’anticorps spécifiques pour combattre le virus.

Les CDC affirment que les preuves scientifiques soutiennent de manière écrasante la sécurité des six vaccins actuellement autorisés aux États-Unis.

La vaccination universelle à la naissance protège les nourrissons dont le statut VHB des parents est inconnu ou n’a pas été testé pendant la grossesse. De plus, les tests maternels peuvent ne pas détecter les infections récentes, ce qui rend la vaccination universelle plus fiable. Même lorsque les mères ne sont pas infectées, les nouveau-nés peuvent contracter le VHB par contact étroit avec d’autres personnes infectées.

Le vaccin contre l’hépatite B est considéré comme sûr, avec des effets secondaires généralement légers tels que douleur au site d’injection ou légère fièvre. Les réactions allergiques graves, y compris l’anaphylaxie, sont extrêmement rares, selon l’OMS.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.