Publié le 1er décembre 2025 à 15h29. Le président israélien Isaac Herzog a annoncé qu’il examinerait la demande de grâce sollicitée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, actuellement confronté à des accusations de corruption, en se basant uniquement sur l’intérêt supérieur de l’État, alors que les réactions se multiplient et que l’intervention de l’ancien président américain Donald Trump suscite la polémique.
- Le Premier ministre Netanyahu a officiellement demandé une grâce présidentielle dans le cadre de son procès pour corruption, sans pour autant reconnaître sa culpabilité.
- Le président Herzog a souligné qu’il ne se laisserait influencer ni par les discours violents ni par les pressions extérieures, mais qu’il prendrait sa décision en fonction du bien-être du pays.
- L’ancien président américain Donald Trump a publiquement appelé Herzog à accorder une grâce à Netanyahu, et a même envoyé une lettre à ce sujet, suscitant des inquiétudes quant à une possible ingérence étrangère.
La demande de grâce, déposée dimanche par les avocats de Netanyahu, comprend un document de 111 pages qui argumente qu’une clémence permettrait au Premier ministre de se consacrer pleinement à la gestion des affaires de l’État dans un contexte géopolitique particulièrement tendu. Herzog a précisé qu’il prendrait plusieurs semaines avant de rendre sa décision.
Dans une déclaration vidéo diffusée lundi, le président Herzog a insisté sur l’importance de prendre une décision objective et impartiale.
« Je traiterai cette demande de la manière la plus appropriée et la plus précise. Je ne considérerai que le bien du pays et de la société israélienne. »
Isaac Herzog, Président d’Israël
Il a également reconnu que cette demande suscitait des débats passionnés au sein de la population, mais a affirmé que cela ne l’affecterait pas.
« Une chose est claire pour moi : les discours violents ne m’influencent pas. Au contraire, un discours respectueux stimule certainement la discussion et le dialogue. »
Isaac Herzog, Président d’Israël
Il a invité les citoyens à exprimer leur opinion sur le site web de la résidence présidentielle.
Cette affaire intervient dans un contexte politique déjà très chargé. L’ancien président américain Donald Trump avait déjà, lors d’un discours prononcé devant la Knesset en octobre, exhorté Herzog à accorder une grâce à Netanyahu.
« J’ai une idée : pourquoi n’accordez-vous pas votre grâce à Netanyahu ? Qui se soucie des cigares et du champagne ? »
Donald Trump, ancien président des États-Unis
Trump a également envoyé une lettre à Herzog le mois dernier, réitérant sa demande et qualifiant le procès de Netanyahu de « poursuite politique injustifiée ».
La ministre de la Protection de l’Environnement, Idit Silman, a même suggéré que si Herzog refusait d’accorder la grâce, Trump pourrait prendre d’autres mesures, allant jusqu’à des sanctions contre des responsables du système judiciaire.
Netanyahu est accusé d’un chef de corruption et de trois chefs de fraude et d’abus de confiance dans trois affaires distinctes. Les accusations portent sur des allégations de manipulation de la presse et de réception de cadeaux en échange de faveurs. Il nie en bloc ces accusations, les qualifiant de montage politique visant à le destituer. Son procès a débuté en mai 2020, après des années d’enquête et son inculpation en novembre 2019.
Yair Golan, chef du parti politique Les Démocrates, a critiqué la demande de grâce de Netanyahu, la qualifiant de tentative illégale d’annulation de son procès. Il a estimé que le père d’Herzog, le président Chaim Herzog, n’aurait jamais toléré une telle démarche.
« Votre père, le président Chaim Herzog, mettrait Netanyahu à la porte. Il ne peut y avoir de pardon sans un aveu de culpabilité et sans que [Netanyahu] quitte la vie politique. »
Yair Golan, chef du parti Les Démocrates
L’Institut israélien de la démocratie a souligné qu’aucune loi n’oblige à un aveu de culpabilité pour qu’une grâce soit accordée, mais que le bureau du procureur général recommande généralement que les demandes de grâce soient examinées avec une extrême prudence avant la condamnation.
Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a quant à lui estimé qu’accorder une grâce à Netanyahu pourrait contribuer à apaiser les tensions et à favoriser la réconciliation au sein d’une nation divisée.
