Comment le Père Noël réussit-il à se faufiler dans les cheminées ? Une question qui taraude les enfants, et à laquelle le spectacle actuellement présenté à Londres apporte une réponse… pour le moins originale. Inspirée du livre pour enfants de Mac Barnett, cette adaptation théâtrale décalée propose une avalanche d’hypothèses loufoques, le tout sur un rythme effréné.
L’adaptation, mise en scène par Paul Hunter pour une coproduction entre Unicorn et Told By an Idiot, s’inspire directement du livre publié en 2023. Elle reprend l’esprit d’une imagination enfantine débordante, où chaque idée, aussi farfelue soit-elle, est explorée avant d’être abandonnée au profit d’une autre. Le spectacle prend la forme d’une sorte de revue, avec des spectateurs parfois invités à devenir les petits-fils du Père Noël.
La scénographie de Sonya Smullen est particulièrement inventive : un toit partiellement ouvert dévoile un espace scénique flanqué de deux toboggans enneigés, que les comédiens dévalent avec enthousiasme. Dès le numéro d’ouverture, l’ensemble du décor se transforme en traîneau pour une interprétation énergique de Santa Claus Is Comin’ to Town. Les costumes, un mélange éclectique de culottes, de chapeaux trappeurs et de peignoirs douillets, évoquent l’univers des rennes.
Giulia Innocenti, Nathan Queeley-Dennis, la compositrice Frida Cæcilia Rødbroe et le chorégraphe Mikey Ureta se partagent les rôles, suggérant à tour de rôle des méthodes d’intrusion, que les autres interprètent sous forme de saynètes, parfois à l’aide de marionnettes. Fidèle à l’esprit de Told By an Idiot, le spectacle regorge de détails visuels et sonores excentriques. Les effets sonores sont produits en direct, à la manière d’un studio d’enregistrement, et une immense botte de Père Noël descend du plafond, rappelant les créations de Monty Python.
Si l’adaptation conserve l’énergie du livre, elle en perd parfois la douceur. Les routines sont inégales : certaines, comme une imitation d’un jeu télévisé clinquant, semblent un peu datées, tandis que d’autres, comme la scène où le Père Noël chevauche un photocopieur pour créer une version plate de lui-même, sont particulièrement réussies. Une interlude avec un bébé coiffé d’un bonnet est plus déconcertante que comique, et l’ambiance musicale d’un music-hall d’antan contraste un peu avec des éléments plus contemporains, comme l’apparition du Père Noël dans le sac d’un livreur Deliveroo.
Bien que les rimes et jeux de mots occasionnels de Barnett ne soient pas développés, le spectacle offre de nombreux moments de comédie physique pour divertir les enfants de plus de deux ans, notamment une scène où le Père Noël est propulsé dans la cheminée à l’aide de rouleaux de papier cadeau, au son de Jingle Bells. Les rires les plus forts sont déclenchés par le classique jeu du « il est derrière toi », crié à tue-tête par le jeune public. Peut-être, comme le disait Slade, les anciens ont-ils raison : les classiques restent les meilleurs.
