Publié le 17 novembre 2025 12h15. Pour faciliter l’accès au dépistage, le HSE (Health Service Executive, l’autorité de santé irlandaise) va déployer des autotests pour le cancer du col de l’utérus, une initiative saluée par les professionnels de santé tout en maintenant l’importance du suivi médical traditionnel.
- Le HSE va proposer des kits d’autotest à domicile pour le dépistage du cancer du col de l’utérus.
- Ces autotests visent à lever les freins liés à la gêne, au manque de temps ou aux difficultés d’accès aux médecins généralistes.
- L’Irlande poursuit ses efforts pour éliminer le cancer du col de l’utérus d’ici 2040, avec une baisse continue de l’incidence depuis 2009.
L’Irlande s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la lutte contre le cancer du col de l’utérus. Le HSE va mettre à disposition des autotests, permettant aux femmes de réaliser elles-mêmes un prélèvement vaginal à domicile. Cette mesure vise à toucher les populations qui rencontrent des obstacles pour bénéficier d’un frottis cervical réalisé par un professionnel de santé.
Selon le Dr Caoimhe Hartley, médecin généraliste basée à Dublin, cette initiative est une avancée significative.
« Tout ce qui élimine les obstacles à l’accès des femmes aux tests de dépistage comme le contrôle cervical ou les frottis cervicaux est vraiment bienvenu et devrait être vraiment adopté. »
Dr Caoimhe Hartley, médecin généraliste
Elle précise que l’autotest est une méthode distincte de la consultation chez un médecin généraliste.
Le processus est simple : un tampon ou une brosse douce permet de prélever un échantillon vaginal, qui est ensuite envoyé par courrier à un laboratoire pour analyse. L’objectif est d’augmenter le taux de dépistage, en particulier chez les femmes qui sont en retard ou qui n’ont jamais été testées. Le professeur Nóirín Russell, directeur clinique de Cervical Check, souligne que
« C’est là que l’auto-échantillonnage présente le plus d’avantages, car il encourage les personnes dont le dépistage est en retard ou qui ne sont jamais parvenues au stade du dépistage à passer un test et les intègre dans le système. »
Professeur Nóirín Russell, directeur clinique de Cervical Check
Il est important de noter que ces autotests ne détectent pas le cancer lui-même, mais le virus du papillome humain (VPH), responsable de plus de 90 % des cancers du col de l’utérus. En cas de résultat positif, il est recommandé de consulter un médecin généraliste ou une infirmière praticienne pour un prélèvement plus précis.
Le HSE reconnaît que le dépistage par un professionnel de santé reste la référence, car il permet un échange direct et la possibilité de poser des questions sur des symptômes tels que les saignements intermenstruels ou après un rapport sexuel. Une étude de faisabilité est prévue début 2026 pour évaluer l’intégration de ces autotests dans les cabinets de médecine générale.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du plan d’action irlandais pour l’élimination du cancer du col de l’utérus, lancé il y a un an. L’incidence du cancer du col de l’utérus a diminué depuis l’introduction du programme de dépistage en 2009, et l’Irlande est sur la bonne voie pour atteindre l’objectif fixé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) d’éliminer cette maladie d’ici 2040. Le taux d’incidence actuel est de 11 cas pour 100 000 femmes (moyenne 2021-2023). Selon le Dr Caroline Mason-Mohan, directrice de la santé publique du service national de dépistage du HSE,
« La publication de notre rapport d’étape de la première année est une véritable étape pour le partenariat pour l’élimination du cancer du col de l’utérus. »
Dr Caroline Mason-Mohan, directrice de la santé publique du service national de dépistage du HSE
À l’occasion de la Journée mondiale pour l’élimination du cancer du col de l’utérus, des bâtiments emblématiques à travers l’Irlande, tels que le Rock of Cashel et le Custom House de Dublin, seront illuminés en bleu sarcelle.

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