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ICC pour donner un verdict des crimes de guerre sur le chef de la milice du Soudan

by Clara Dubois

Publié le 6 octobre 2025 à 02h09. La Cour pénale internationale (CPI) rend son verdict lundi concernant Ali Muhammad Ali Abd-Al-Rahman, un chef de milice soudanaise accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité commis au Darfour au début des années 2000. Ce jugement intervient dans un contexte de violence persistante au Soudan.

  • Ali Kushayb, de son nom de guerre, est accusé de 31 chefs de crimes, incluant le viol, le meurtre et la torture.
  • Il a nié les accusations, affirmant aux juges qu’il s’agissait d’une erreur d’identité.
  • Le verdict est suivi avec attention dans le camp de réfugiés de Kalma, au Darfour, où les habitants ont accès à une connexion internet satellite pour suivre l’audience.

La décision de la CPI marque une étape importante dans la lutte contre l’impunité pour les crimes commis au Darfour. Les procureurs ont présenté Ali Muhammad Ali Abd-Al-Rahman comme un membre éminent de la milice Janjaweed, tristement célèbre pour sa participation à des atrocités massives. Cette milice, recrutée parmi les tribus nomades de la région, a été déployée par le gouvernement soudanais en réponse à la rébellion armée des tribus non arabes, se plaignant de discrimination systématique.

Le conflit au Darfour, qui a débuté en 2003, a fait, selon les Nations Unies, environ 300 000 morts et 2,5 millions de déplacés. Les accusations portées contre Abd-Al-Rahman concernent des événements survenus entre août 2003 et avril 2004, période durant laquelle les violences ont atteint un pic. Lors de son procès, le procureur en chef de la CPI a dénoncé la brutalité des forces d’Abd-Al-Rahman, affirmant qu’elles avaient « infligé de graves douleurs et souffrances aux femmes, aux enfants et aux hommes dans les villages qu’il a laissés dans son sillage ».

Abd-Al-Rahman, né vers 1949, s’était enfui en République centrafricaine en février 2020, après que le Soudan eut annoncé son intention de coopérer avec la CPI. Il a déclaré s’être rendu par la suite, craignant pour sa vie.

« J’attendais deux mois à me cacher, à me déplacer tout le temps, et j’ai été averti que le gouvernement voulait m’arrêter, et j’avais peur d’être arrêté. Si je n’avais pas dit cela, le tribunal ne m’aurait pas reçu et je serais mort maintenant »

Ali Muhammad Ali Abd-Al-Rahman, suspect

Ce procès s’inscrit également dans un contexte plus large de poursuites pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité au Soudan. L’ancien président soudanais Omar al-Bashir, renversé en 2019 après des manifestations massives, est également recherché par la CPI pour génocide. Cependant, il n’a pas été extradé à La Haye. La CPI espère par ailleurs émettre de nouveaux mandats d’arrêt en lien avec la crise actuelle au Soudan, où une guerre oppose l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide (RSF), issues de la milice Janjaweed. Ce conflit, marqué par des allégations d’atrocités des deux côtés, a plongé le pays dans une crise humanitaire aiguë, avec des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés, et menace de famine, selon les agences d’aide.

Dans le camp de Kalma, au sud du Darfour, contrôlé par les RSF, les habitants, confrontés à une épidémie de choléra et à une grave crise alimentaire, ont pu suivre le verdict grâce à une connexion internet satellite Starlink.

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