Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une étude américaine d’envergure révèle un lien direct entre l’âge d’acquisition d’un smartphone par les enfants et l’augmentation des troubles du sommeil, de l’obésité, ainsi que des risques accrus de dépression et d’anxiété.
- Les enfants acquérant un smartphone à 12 ans présentent un risque 60 % plus élevé de troubles du sommeil et 40 % plus élevé d’obésité que ceux qui attendent l’âge de 13 ans.
- La dépendance aux écrans, et non seulement le temps passé devant eux, est désormais associée à une multiplication par deux à trois des pensées et comportements suicidaires chez les adolescents.
- Les experts recommandent aux parents de limiter leur propre utilisation des écrans et d’encourager une utilisation modérée chez leurs enfants.
La question de l’impact des écrans sur la santé des jeunes est un sujet de préoccupation croissant. Si le débat portait jusqu’à présent sur le temps passé devant les appareils, les recherches récentes mettent en lumière des conséquences plus spécifiques et alarmantes, liées à l’âge d’exposition et aux modes d’utilisation.
Une étude menée par le psychiatre pour enfants et adolescents Ran Barzilay, de l’Université de Pennsylvanie, a analysé les données de plus de 10 500 enfants répartis dans 21 centres à travers les États-Unis. Les résultats, publiés au cours du second semestre de cette année, indiquent que l’acquisition précoce d’un smartphone est corrélée à des problèmes de santé significatifs. Les enfants qui ont reçu leur premier téléphone à l’âge de 12 ans ont ainsi présenté un risque accru de 60 % de troubles du sommeil et de 40 % d’obésité par rapport à ceux qui ont attendu l’âge de 13 ans.
Au-delà de ces constats, les chercheurs s’intéressent de plus en plus à la manière dont les jeunes utilisent ces appareils. Une utilisation prolongée des écrans est associée à une diminution de la capacité d’attention, un ralentissement du traitement cognitif, ainsi qu’à une baisse de la mémoire et des performances scolaires. L’omniprésence des réseaux sociaux est également pointée du doigt, contribuant à l’augmentation des cas de dépression et d’anxiété.
Les National Institutes of Health ont également mené des recherches sur les adolescents, révélant une distinction importante entre le temps total passé devant un écran et la présence d’une véritable dépendance. Si le temps d’exposition en lui-même n’est pas directement lié au risque de suicide, les comportements témoignant d’une addiction – tels que l’inconfort ressenti lors de la séparation de l’appareil ou l’incapacité à réduire son utilisation – multiplient par deux ou trois les pensées et comportements suicidaires.
L’étude souligne également des différences selon les types d’utilisation : les jeux vidéo intenses sont associés à des traits introvertis comme l’anxiété et la dépression, tandis qu’une utilisation excessive des réseaux sociaux est corrélée à des comportements extravertis, tels que l’agressivité et le non-respect des règles.
Face à ces résultats, les experts ne préconisent pas une interdiction totale des technologies numériques. Ils insistent plutôt sur le rôle des parents, appelés à donner l’exemple en limitant leur propre utilisation des écrans et en encourageant une approche équilibrée chez leurs enfants. Une simple réduction d’une heure par jour du temps passé devant un écran pourrait avoir des effets bénéfiques à long terme.
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