Publié le 10 janvier 2026 à 17h18. Après des mois de détention au Venezuela, l’avocate et défenseure des droits humains Rocío San Miguel a été libérée, mais se voit imposer des restrictions quant à ses déclarations publiques, même depuis son arrivée en Espagne.
- Libération de Rocío San Miguel, avocate espagnole-vénézuélienne, après plusieurs mois de détention.
- Restrictions imposées à la prisonnière libérée concernant ses déclarations sur ses conditions de détention et sa santé.
- Rôle de l’ancien président espagnol José Luis Rodríguez Zapatero dans les négociations ayant mené à la libération.
Rocío San Miguel, avocate et directrice de l’organisation Citizen Control, a été l’une des cinq premières figures de l’opposition vénézuélienne à être libérée dans le cadre d’un accord négocié avec le gouvernement. Sa libération, intervenue jeudi dernier, fait suite à une annonce de Jorge Rodríguez, frère du président par intérim Delcy Rodríguez et président de l’Assemblée nationale, concernant la libération d’« un nombre important » de prisonniers politiques. Elle a pu quitter le centre de détention de l’Hélicoïde, tristement célèbre pour ses pratiques de torture, et a rejoint l’Espagne.
Les négociations qui ont permis cette libération ont été menées du côté espagnol par José Luis Rodríguez Zapatero, ancien président du gouvernement espagnol, qui entretient des liens de longue date avec le chavisme. Jorge Rodríguez a publiquement remercié M. Zapatero pour ses efforts constants au cours des dix dernières années, soulignant son engagement en faveur de la « coexistence nationale ».
Outre Rocío San Miguel, les premiers libérés incluent les touristes basques Andrés Martínez Adasme (32 ans) et José María Basoa Valdovinos (35 ans), le Canarien Miguel Moreno (34 ans), le Valencien Ernesto Gorbe (52 ans). Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a confirmé que les prisonniers libérés ont pris un vol vers l’Espagne jeudi soir.
Parallèlement à ces libérations, deux figures de l’opposition vénézuélienne, Enrique Márquez, ancien candidat à la présidence, et Biagio Pilieri, proche de María Corina Machado, ont également été relâchées. Un journaliste présent lors de leur libération a cependant souligné que des restrictions sévères ont été imposées aux prisonniers quant à leur capacité à témoigner publiquement des souffrances endurées en prison.
« Ils m’ont informé qu’ils sortaient de prison avec des mesures restrictives. Une fois libérés, ils continuent d’être soumis à des limitations, notamment en ce qui concerne leurs déclarations, la presse et la gestion des réseaux sociaux. Ce sont des libertés assorties de conditions. »
Vladimir Villegas, journaliste vénézuélien
Ces restrictions se sont avérées s’étendre au-delà des frontières vénézuéliennes. Le frère aîné de Rocío San Miguel, José Manuel San Miguel, est le seul porte-parole autorisé par elle et sa famille. Il a publié une déclaration confirmant que sa sœur est empêchée de s’exprimer publiquement.
« Rocío San Miguel maintient des mesures interdisant les déclarations publiques, c’est pourquoi personne n’est autorisé, à partir du moment de sa libération, à faire des déclarations en son nom, à lui attribuer des opinions, des positions, de la gratitude, des évaluations politiques ou juridiques, ou à interpréter sa situation personnelle, juridique, de santé ou les conditions qu’elle a vécues en détention. »
Communiqué de la famille de Rocío San Miguel
La famille précise que la présence de Rocío San Miguel en Espagne est le résultat d’une médiation directe du gouvernement espagnol, et notamment des efforts soutenus de José Luis Rodríguez Zapatero. Ils insistent sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un exil, mais plutôt d’une composante des accords humanitaires et diplomatiques conclus pour faciliter sa libération.
La déclaration familiale révèle également que Rocío San Miguel a subi deux interventions chirurgicales à l’épaule pendant sa détention à l’Hélicoïde et qu’elle suit actuellement un programme de rééducation en Espagne. Malgré sa situation personnelle, elle continue de plaider pour la libération de tous les prisonniers politiques au Venezuela, espérant que ces mesures constitueront une étape vers une réconciliation nationale.
La famille a publié la déclaration complète, disponible ici, afin de clarifier la situation et de contrer les informations non autorisées circulant dans les médias.
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