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Il est urgent de définir des conditions-cadres claires – DiePresse.com

by Clara Dubois

Publié le 21 novembre 2025 à 23h01. Le PDG de Palfinger AG, Andreas Klauser, lance un appel pressant à une refonte profonde de l’industrie européenne, estimant que des réglementations excessives et un manque de vision stratégique menacent sa compétitivité face à la concurrence mondiale.

  • Andreas Klauser plaide pour des conditions-cadres stables, une maîtrise des coûts et un investissement massif dans l’innovation et l’automatisation.
  • Il dénonce la bureaucratie européenne, jugée trop lente et contraignante par rapport à celle des États-Unis.
  • Le dirigeant insiste sur la nécessité d’un dialogue constructif entre les pouvoirs publics et le secteur privé pour relancer la croissance et l’emploi.

L’industrie européenne se trouve à un carrefour. Face à une bureaucratie jugée étouffante, des incertitudes géopolitiques croissantes et une concurrence internationale exacerbée, Andreas Klauser, PDG du groupe Palfinger AG, estime qu’une transformation radicale est impérative. Lors d’un entretien exclusif accordé à Michael Köttritsch, il a souligné l’importance cruciale d’une industrie forte pour l’avenir du continent.

« Une Europe sans industrie est tout simplement impensable », a affirmé M. Klauser avec conviction. Il dénonce une situation où le secteur industriel est trop souvent pointé du doigt et tenu responsable des difficultés économiques. Selon lui, il est temps de changer de perspective et de créer un environnement favorable à la croissance et à l’innovation.

Pour assurer la pérennité de l’industrie européenne, M. Klauser met en avant trois piliers essentiels : des conditions-cadres stables sur le long terme, une structure de coûts compétitive et un investissement soutenu dans l’innovation et l’automatisation. Il plaide pour une politique de coûts durable, prenant en compte les charges salariales et les coûts énergétiques, et pour une réduction des subventions.

L’automatisation représente, selon lui, une opportunité majeure pour l’Europe. « Nous pouvons mettre en œuvre des processus beaucoup plus automatisés qu’aux États-Unis, par exemple », a-t-il précisé, soulignant le potentiel d’amélioration de la compétitivité européenne. Il insiste également sur la nécessité de faciliter l’accès au capital-risque et aux investisseurs, qui doivent être prêts à prendre des risques pour soutenir les projets innovants.

M. Klauser a également critiqué l’orientation actuelle des politiques publiques, qui privilégient souvent les questions de durabilité au détriment de la compétitivité économique. « Une réinitialisation est nécessaire », a-t-il déclaré, appelant les nouveaux gouvernements à créer des conditions-cadres claires et favorables à l’industrie et à la croissance.

Il a illustré ses propos en comparant la lenteur des procédures d’approbation en Europe à la rapidité de celles observées aux États-Unis. « Aux États-Unis, un projet peut être approuvé en six mois. Chez nous, cela prend souvent des années », a-t-il déploré, citant l’exemple récent de l’ouverture d’un centre de distribution de Palfinger aux États-Unis, qui n’a pris que six mois, alors qu’une opération similaire en Autriche prendrait des années.

M. Klauser a appelé à accélérer les processus décisionnels sans compromettre la sécurité juridique, suggérant un système où les maires des communes auraient le pouvoir de décision finale. Il met en garde contre le risque de voir la réglementation devenir un obstacle au progrès, en raison de la complexité des procédures et des multiples recours possibles.

« L’actuel ministre de l’Économie semble être à l’écoute des besoins de l’industrie, mais ce qui est crucial, c’est que nos idées soient mises en œuvre au sein du gouvernement sans compromettre la viabilité d’un concept. »

Andreas Klauser, PDG

Le PDG de Palfinger a également exprimé ses réserves quant à la conception actuelle de la loi sur la chaîne d’approvisionnement, estimant qu’elle risque de nuire à la compétitivité des entreprises. Il souligne que la durabilité ne doit pas se faire au détriment de la performance économique et que les entreprises ont besoin de délais réalistes et d’un soutien technologique pour mettre en œuvre des mesures durables.

M. Klauser a déploré le manque de visibilité de l’industrie dans le débat public, malgré son rôle central dans la stabilité économique de l’Europe. Il a appelé à un dialogue de confiance à long terme entre la politique et l’économie, basé sur des objectifs communs et des conditions-cadres stables.

Au niveau de son entreprise, Palfinger mise sur une stratégie de diversification pour renforcer sa résilience, en développant de nouveaux domaines d’activité tels que la construction navale, l’industrie de la défense et les technologies innovantes. M. Klauser a souligné l’importance du courage entrepreneurial et de la prise de risques pour assurer le succès de l’Europe.

« Nous avons prouvé que le courage est récompensé. Après la crise de 2021, nous avons obtenu notre meilleur résultat de l’histoire de l’entreprise parce que nous avons activement façonné les choses », a-t-il affirmé, citant en exemple les investissements réalisés dans les Balkans.

En conclusion, Andreas Klauser a exhorté l’industrie et la politique à avoir le courage de remettre en question les structures existantes, de réduire les obstacles bureaucratiques et de créer des conditions-cadres claires et à long terme pour assurer l’avenir industriel de l’Europe.

Information

Le programme de réforme est une coopération entre « Die Presse » et Palfinger AG avec un soutien financier.

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