Home AffairesIl s’avère que nous pourrions nous tromper grossièrement sur les deux planètes du système solaire.

Il s’avère que nous pourrions nous tromper grossièrement sur les deux planètes du système solaire.

by Amélie Bernard

Publié le 17 décembre 2025 05:45:00. Uranus et Neptune, souvent qualifiées de « géantes de glace », pourraient en réalité contenir une proportion de roches bien plus importante qu’on ne le pensait, selon une nouvelle étude de l’Université de Zurich et du centre de recherche PlanetS.

  • Une nouvelle méthode de simulation révèle que la composition interne d’Uranus et de Neptune pourrait être majoritairement rocheuse.
  • La recherche suggère que la convection, un processus similaire à la tectonique des plaques terrestre, pourrait jouer un rôle important dans la structure interne de ces planètes.
  • Les résultats soulignent la nécessité de nouvelles missions spatiales pour mieux comprendre la structure interne de ces planètes lointaines.

Longtemps considérées comme des sœurs éloignées de Jupiter et Saturne, Uranus et Neptune se distinguent par leur composition particulière, riche en méthane, en eau et en autres substances volatiles qui se solidifient sous l’effet de la pression. Cependant, la classification de « géantes de glace » pourrait être une simplification excessive, selon les conclusions d’une équipe de chercheurs suisses.

L’étude, publiée dans la revue Astronomy & Astrophysics, met en lumière la complexité de la structure interne de ces deux planètes du système solaire. Luca Morf, doctorant, et le professeur Ravit Helled ont développé une approche de modélisation innovante, prenant en compte un éventail plus large de variations de composition que les modèles précédents, souvent centrés sur une forte proportion d’eau. Ils ont généré des profils de densité aléatoires, puis calculé les champs gravitationnels correspondants, en les comparant aux données observationnelles disponibles.

« La classification « géant de glace » est trop simpliste. Les modèles physiques reposaient sur trop d’hypothèses et les modèles empiriques étaient trop simples. Nous avons combiné les deux approches pour obtenir des modèles de structure interne impartiaux mais physiquement cohérents. »

Luca Morf, doctorant

Les résultats de ces simulations sont surprenants : la composition interne d’Uranus et de Neptune ne serait pas nécessairement dominée par la glace, mais pourrait même être majoritairement rocheuse. Cette découverte remet en question les hypothèses établies et ouvre de nouvelles perspectives sur la formation et l’évolution de ces planètes.

La recherche souligne également l’importance de la convection à l’intérieur d’Uranus et de Neptune. Ce processus, comparable aux mouvements tectoniques sur Terre, pourrait expliquer certaines de leurs propriétés mystérieuses et influencer leur champ magnétique et leur dynamique atmosphérique.

Uranus et Neptune restent parmi les planètes les moins explorées de notre système solaire. Seul le vaisseau spatial Voyager-2 les a survolées, respectivement en 1986 et 1989, offrant des aperçus limités de leur structure et de leur composition. Les chercheurs insistent sur la nécessité de nouvelles missions spatiales pour lever le voile sur les secrets de ces géantes lointaines et confirmer les conclusions de cette étude.

Source de l’image de couverture : buradaki via Getty Images

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