Home SantéIls comparent les dommages cardiaques causés par le vaccin Pfizer Covid à ceux qui provoquent la maladie : le résultat

Ils comparent les dommages cardiaques causés par le vaccin Pfizer Covid à ceux qui provoquent la maladie : le résultat

by Sophie Martin

Publié le 6 novembre 2023 09:01:00. Une vaste étude britannique révèle que le risque de complications cardiaques liées au Covid-19 est significativement plus élevé que celui associé à la vaccination, en particulier chez les jeunes. Ces résultats viennent éclairer le débat sur les politiques de vaccination pédiatrique.

  • Le risque de myocardite ou de péricardite après une infection au Covid-19 est 2,5 fois supérieur à celui observé après la vaccination.
  • L’étude, menée sur plus de 13,8 millions de personnes, a analysé les données de santé de la population anglaise de moins de 18 ans.
  • Les chercheurs soulignent l’importance de ces données pour orienter les décisions politiques en matière de vaccination infantile.

Des chercheurs de l’unité d’épidémiologie cardiovasculaire de la British Heart Foundation au Royaume-Uni ont mené une étude approfondie sur les effets secondaires potentiels de la vaccination contre le Covid-19, en se concentrant particulièrement sur une population souvent hésitante : les garçons et les adolescents. Leur travail, publié dans la revue The Lancet, s’appuie sur l’analyse des dossiers médicaux électroniques de plus de 13,8 millions de personnes (dont plus de 6 millions ont été infectées par le Covid-19 ou vaccinées) de moins de 18 ans.

L’étude, de type cohorte rétrospective et populationnelle, a examiné l’incidence d’événements thrombotiques artériels et veineux, de thrombocytopénie, de myocardite ou de péricardite, ainsi que d’autres conditions inflammatoires. Un diagnostic de Covid-19 était défini par la première détection positive d’un test PCR ou antigénique pour le SARS-CoV-2. La vaccination contre le Covid-19, quant à elle, était définie par la première administration documentée du vaccin à ARN messager de Pfizer, le plus largement utilisé à l’échelle mondiale.

Les résultats ont révélé que, chez les personnes infectées, l’incidence des lésions cardiaques était plus élevée durant la première semaine suivant le diagnostic, puis diminuait entre les semaines 2 et 4. Cependant, elle restait élevée au-delà de 12 mois pour la thromboembolie veineuse, la thrombocytopénie, la myocardite et la péricardite. Concernant la vaccination, sur les 9 245 395 personnes âgées de 5 à moins de 18 ans incluses dans l’étude, 3 407 560 avaient reçu une première dose. La vaccination contre le Covid-19 était associée à un risque accru de myocardite ou de péricardite dans les quatre premières semaines suivant l’inoculation.

Plus précisément, le surrisque absolu de myocardite ou de péricardite à 6 mois était de 2,24 pour 100 000 individus après un diagnostic de Covid-19, comparativement à avant le diagnostic ou en l’absence de diagnostic. Ce chiffre était de 0,85 pour 100 000 individus après vaccination, par rapport à avant la vaccination ou en l’absence de vaccination. En d’autres termes, le risque cardiaque est deux fois et demie plus élevé chez les personnes ayant contracté le Covid-19 que chez celles qui ont été vaccinées.

Les chercheurs estiment que ces résultats sont cruciaux pour les décideurs politiques et les professionnels de santé, qui doivent tenir compte de ces données lorsqu’ils envisagent le consentement à la vaccination des enfants. Ils soutiennent que la vaccination contre le Covid-19 chez les enfants et les jeunes reste une stratégie de santé publique importante pour atténuer les risques les plus fréquents et les plus persistants associés à l’infection par le SARS-CoV-2.

Cependant, le pédiatre Adam Finn, cité par l’agence AFP, nuance ces conclusions en soulignant que l’étude a été menée sur des données collectées entre 2021 et 2022.

« Ces données concernent les souches de Covid qui circulaient à l’époque et non les souches moins dangereuses qui circulent actuellement. Il serait donc nécessaire d’étudier les nouvelles sous-variantes d’Omicron afin d’obtenir de nouvelles réponses. »

Adam Finn, pédiatre

Cette nouvelle recherche, qui réévalue en quelque sorte l’efficacité préventive de la vaccination, intervient alors que les ventes de vaccins Covid-19 de Pfizer aux États-Unis ont chuté de 25 pour cent après que les autorités sanitaires fédérales ont modifié leurs recommandations concernant les personnes devant se faire vacciner. Les Centers for Disease Control and Prevention ont cessé de recommander la vaccination contre le Covid-19 à l’ensemble de la population, laissant le choix aux patients. Robert Kennedy Jr., secrétaire à la Santé des États-Unis, a publiquement remis en question la sécurité des vaccins à ARNm et a déclaré qu’ils n’étaient plus recommandés aux enfants en bonne santé et aux femmes enceintes.

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