Édition française
En continu
---Advertisement---

Santé

Ils créent un outil qui prédit le risque de maladie d’Alzheimer des années avant les premiers symptômes

Publié le 2024-02-29 14:35:00. Des chercheurs de la Mayo Clinic ont mis au point un outil capable d'évaluer le risque de développer un trouble cognitif léger (TCL) ou la maladie d'Alzheimer des années avant l'apparition des premiers symptômes,…

Ils créent un outil qui prédit le risque de maladie d’Alzheimer des années avant les premiers symptômes

Publié le 2024-02-29 14:35:00. Des chercheurs de la Mayo Clinic ont mis au point un outil capable d’évaluer le risque de développer un trouble cognitif léger (TCL) ou la maladie d’Alzheimer des années avant l’apparition des premiers symptômes, ouvrant la voie à des interventions précoces.

  • L’outil combine des données génétiques, des biomarqueurs cérébraux et l’historique de vie du patient pour estimer le risque.
  • Les niveaux d’amyloïde dans le cerveau se révèlent être le facteur prédictif le plus influent.
  • Cette avancée pourrait permettre d’identifier les personnes susceptibles de bénéficier de nouveaux traitements visant à ralentir la progression de la maladie.

La maladie d’Alzheimer, une affection neurodégénérative qui affecte des millions de personnes dans le monde, se développe souvent silencieusement pendant des années avant que les premiers signes de perte de mémoire ne se manifestent. Une nouvelle étude, publiée dans The Lancet Neurology, suggère qu’il est désormais possible d’anticiper cette évolution grâce à un outil de prédiction développé par des chercheurs de la Mayo Clinic.

Cette percée s’appuie sur les données accumulées au fil des décennies par la Mayo Clinic Aging Study, l’une des études les plus complètes au monde sur la santé cérébrale. Les résultats indiquent que les femmes présentent un risque plus élevé que les hommes de développer une démence ou un trouble cognitif léger (TCL), une condition qui marque une transition entre le vieillissement normal et le début d’une détérioration cognitive. De plus, la présence de la variante génétique APOE ε4 augmente encore ce risque.

L’outil de prédiction intègre quatre éléments clés : l’âge, le sexe, le génotype APOE et les niveaux d’amyloïde dans le cerveau, mesurés par tomographie par émission de positons (TEP). En combinant ces informations, il est possible de calculer la probabilité qu’un individu développe un TCL ou une démence au cours des dix prochaines années ou tout au long de sa vie. L’étude confirme que les niveaux d’amyloïde sont le prédicteur le plus puissant, soulignant le rôle central de cette protéine dans le développement de la maladie d’Alzheimer.

Ces dernières années, la Food and Drug Administration (FDA) américaine a approuvé des médicaments capables de réduire les dépôts d’amyloïde et de ralentir la progression de la maladie chez les personnes atteintes de TCL ou de démence légère. Cette avancée thérapeutique a soulevé une question cruciale : est-il possible d’identifier les personnes à risque avant l’apparition des symptômes, afin de leur proposer une intervention précoce ?

« Ce qui est passionnant maintenant, c’est que nous regardons encore plus tôt – avant l’apparition des symptômes – pour voir si nous pouvons prédire qui pourrait être plus à risque de développer des problèmes cognitifs à l’avenir. »

Clifford Jack, Jr., MD, radiologue et auteur principal de l’étude

Selon le Dr Ronald Petersen, co-auteur de l’étude, cette estimation du risque pourrait aider les patients et leurs médecins à déterminer le moment opportun pour commencer un traitement ou adopter des changements de mode de vie susceptibles de retarder l’apparition des symptômes. Il compare cette approche à l’évaluation du taux de cholestérol pour prédire le risque de crise cardiaque.

L’étude s’appuie sur une base de données exceptionnellement riche, issue du suivi de 5 858 participants à l’étude sur le vieillissement de la Mayo Clinic, menée dans le comté d’Olmsted, dans le Minnesota. L’analyse a révélé que le taux d’incidence de la démence était deux fois plus élevé chez les personnes ayant abandonné l’étude que chez celles qui y ont participé activement, soulignant l’importance du suivi longitudinal.

« Cela nous donne une image exceptionnellement précise de la façon dont la maladie d’Alzheimer se développe dans la communauté. »

Terry Therneau, Ph.D., responsable de l’analyse statistique

Pour l’heure, cet outil est destiné à la recherche, mais son potentiel est considérable. Les futures versions pourraient intégrer des biomarqueurs sanguins, ce qui réduirait les coûts et faciliterait l’accès aux tests préventifs. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un projet plus vaste de la Mayo Clinic, appelé Precure, qui vise à intercepter les processus biologiques avant qu’ils ne se transforment en maladies graves.

L’objectif ultime, selon le Dr Petersen, est de « donner aux gens plus de temps – du temps pour planifier, agir et bien vivre avant que les problèmes de mémoire ne s’installent. »

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.