Publié le 5 novembre 2023. Des chercheurs de l’Université de Barcelone ont identifié un mécanisme moléculaire impliqué dans le déclin de l’activité du tissu adipeux brun avec l’âge, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies pour prévenir les maladies métaboliques et cardiovasculaires.
- Une étude révèle que l’autophagie médiée par un chaperon (CMA), un processus de dégradation des protéines, joue un rôle clé dans l’activité du tissu adipeux brun.
- La diminution de la CMA avec l’âge est liée à la perte de fonction de ce tissu, essentiel pour la production de chaleur et la protection contre l’obésité.
- Des traitements médicamenteux ciblant la CMA pourraient permettre de maintenir l’activité du tissu adipeux brun chez les personnes âgées.
Le tissu adipeux brun, souvent surnommé le « principal producteur de chaleur » de l’organisme, joue un rôle protecteur crucial contre l’obésité, le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires. Cet organe a la capacité unique de brûler des calories pour générer de la chaleur, un processus activé par des facteurs tels que le froid ou l’alimentation. Cependant, les mécanismes précis qui expliquent la diminution de son activité au fil des années restaient jusqu’à présent mal compris.
L’étude, publiée dans la revue Science Advances, met en lumière l’importance de l’autophagie médiée par un chaperon (CMA). Ce processus cellulaire permet d’éliminer sélectivement les protéines endommagées ou inutiles. Les chercheurs ont constaté que l’activation thermogénique du tissu adipeux brun s’accompagne d’une augmentation de la CMA. Or, avec l’âge, la CMA tend à diminuer, entraînant une perte d’activité du tissu adipeux brun. Agir sur ce mécanisme pourrait donc s’avérer déterminant pour moduler le métabolisme énergétique.
Des essais menés sur des modèles animaux ont démontré que le traitement de souris âgées avec des médicaments visant à activer le tissu adipeux brun permettait de maintenir son activité et d’améliorer son métabolisme, malgré le vieillissement. Bien que des tentatives antérieures pour développer de tels médicaments aient été compromises par des effets secondaires indésirables, ces résultats suggèrent une nouvelle approche prometteuse.
L’équipe de recherche se concentre désormais sur la manière de moduler la CMA afin d’optimiser la dépense énergétique et de lutter contre l’obésité et ses conséquences néfastes sur la santé cardiovasculaire. Cette recherche pourrait ouvrir la voie à de nouvelles thérapies pour prévenir et traiter les maladies liées à l’âge.
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