Home SantéIls identifient les cellules cérébrales qui aident à nettoyer les dommages causés par la maladie d’Alzheimer

Ils identifient les cellules cérébrales qui aident à nettoyer les dommages causés par la maladie d’Alzheimer

by Sophie Martin

Publié le 21 novembre 2025 à 14h35. Des scientifiques américains ont identifié des structures cellulaires spécifiques dans le cerveau qui pourraient ouvrir la voie à de nouveaux traitements contre la maladie d’Alzheimer en stimulant l’élimination des plaques amyloïdes, responsables de la perte de mémoire.

  • Une équipe de chercheurs a découvert que l’activation d’une protéine appelée Sox9 dans des cellules du cerveau, les astrocytes, permet d’éliminer les plaques amyloïdes.
  • Ces plaques, qui s’accumulent dans le cerveau des patients atteints d’Alzheimer, endommagent les neurones et entraînent des troubles de la mémoire.
  • Les résultats de cette étude, publiée dans la revue Nature Neuroscience, offrent un nouvel espoir pour le développement de thérapies plus efficaces contre cette maladie neurodégénérative.

Des chercheurs du Collège de médecine Baylor aux États-Unis ont mis en évidence le rôle crucial des astrocytes, des cellules essentielles au bon fonctionnement du système nerveux, dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer. Leur découverte porte sur la capacité de ces cellules à « nettoyer » le cerveau des plaques amyloïdes, des amas de protéines qui perturbent la communication entre les neurones et sont considérés comme l’un des principaux marqueurs de la maladie.

L’étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue Nature Neuroscience, démontre pour la première fois que l’activation de la protéine Sox9 au sein des astrocytes déclenche un processus d’élimination des plaques amyloïdes. Les chercheurs ont mené leurs expériences sur des souris présentant des symptômes similaires à ceux de la maladie d’Alzheimer, notamment des troubles de la mémoire et une accumulation de plaques dans le cerveau.

En augmentant la production de Sox9 chez ces souris, les scientifiques ont observé une activation des astrocytes et une augmentation de leur capacité à « phagocyter » les plaques amyloïdes, c’est-à-dire à les engloutir et à les éliminer. Cette action a permis d’améliorer significativement la fonction cérébrale et la mémoire des animaux.

« Les astrocytes accomplissent des tâches essentielles au fonctionnement normal du cerveau, comme faciliter la communication et le stockage de la mémoire »,

Dong Joo Choi, premier auteur de l’étude

Cette découverte est d’autant plus encourageante qu’elle suggère que le cerveau possède déjà des mécanismes naturels pour lutter contre la maladie d’Alzheimer, et qu’il serait possible de les stimuler pour ralentir sa progression. Contrairement aux traitements actuels, qui visent principalement à prévenir la formation de plaques ou à protéger les neurones, cette approche se concentre sur l’amélioration des capacités de nettoyage du cerveau grâce aux cellules gliales, un domaine encore peu exploré.

L’équipe de recherche, dirigée par le docteur Benjamin Deneen, a manipulé l’expression du gène Sox9 chez les souris atteintes d’Alzheimer à un stade avancé. Ils ont constaté que l’augmentation de Sox9 améliorait la fonction des astrocytes et réduisait l’accumulation de plaques amyloïdes. Les tests ont également montré que les souris traitées présentaient une meilleure capacité à reconnaître des objets et des lieux familiers.

« Nous avons constaté qu’en augmentant l’expression de Sox9, les astrocytes “aspiraient” davantage de plaques amyloïdes et les éliminaient du cerveau comme un aspirateur »,

Benjamin Deneen, chercheur et co-auteur de l’étude

Bien que ces résultats soient prometteurs, les scientifiques soulignent qu’il reste encore beaucoup de travail pour déterminer si cette approche peut être appliquée avec succès chez l’homme. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre comment Sox9 agit dans le cerveau humain et pour évaluer l’efficacité et la sécurité de cette stratégie thérapeutique à long terme. Cette étude a été soutenue par les Instituts nationaux de la santé des États-Unis.

Néanmoins, cette avancée représente un pas important dans la recherche de nouveaux traitements contre la maladie d’Alzheimer, qui touche des millions de personnes dans le monde et constitue l’une des principales causes de détérioration cognitive.

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