Publié le 2 janvier 2024 à 20h29. Les autorités sanitaires de Mendoza ont confirmé le premier cas importé de la sous-clade K du virus H3N2 de la grippe A, une variante particulièrement virulente qui sévit actuellement en Europe et en Asie.
- Un touriste espagnol hospitalisé à Mendoza est porteur de la sous-clade K du virus H3N2.
- Cette souche de grippe, en forte progression dans l’hémisphère nord, suscite l’inquiétude en raison de sa contagiosité et de son potentiel à surcharger les systèmes de santé.
- Les autorités sanitaires rappellent l’importance de la vaccination antigrippale, en particulier pour les populations à risque.
Le ministère de la Santé de la province de Mendoza a identifié mercredi 31 décembre un cas de grippe H3N2, qui a été confirmé ce jour comme étant la sous-clade K. Le patient, un touriste espagnol arrivé récemment dans la région, a présenté des symptômes de détresse respiratoire et de fièvre et a été admis à l’hôpital Carrillo, où son état est jugé grave.
Selon les informations disponibles, l’homme avait commencé à ressentir des symptômes deux jours après son arrivée à Mendoza, l’incitant à consulter aux urgences de l’Hôpital Central avant d’être transféré à l’hôpital Carrillo. Il souffre de plusieurs comorbidités, notamment une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), un cancer de la prostate et de l’arthrite, ce qui complique son état de santé.
Les autorités sanitaires ont précisé que le patient présentait un historique de voyage, un âge avancé et des comorbidités, des facteurs de risque connus. Un échantillon a été envoyé à l’Institut Anlis Malbrán à Buenos Aires, centre national de référence en matière de diagnostic, pour confirmation.
« La grippe A présente différentes variantes. L’une d’entre elles est le H3N2. Nous cherchons à identifier la sous-clade spécifique, notamment si c’est la fameuse sous-clade K qui circule dans l’hémisphère nord et qui est à l’origine de l’augmentation des cas observée. »
Dr. Mercedes Toplikar, chef du Département d’épidémiologie
La sous-clade K du virus H3N2 a connu une progression rapide ces dernières semaines, notamment en Europe, où elle provoque une épidémie sans précédent. On observe une augmentation précoce et importante des cas, entraînant une hausse des hospitalisations et mettant les systèmes de santé sous tension, en particulier en Europe et en Asie de l’Est.
Cette variante a pris de l’avance sur la saison grippale habituelle dans l’hémisphère nord, représentant jusqu’à la moitié des notifications de grippe. Les pays du sud, comme l’Argentine, suivent attentivement l’évolution de la situation dans l’hémisphère nord afin d’anticiper les tendances et de se préparer à l’arrivée de la saison hivernale.
Aux États-Unis et en Europe, la saison grippale a débuté trois semaines plus tôt que d’habitude. Environ 50 % des virus de la grippe A (H3N2) actuellement en circulation sont de cette sous-clade K, selon Andrea Flaschi, directrice de l’épidémiologie de Mendoza.
L’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) souligne qu’à ce jour, aucun changement significatif dans la gravité clinique n’a été observé, en termes d’hospitalisations, d’admissions en soins intensifs ou de décès. Cependant, les saisons dominées par le sous-type A(H3N2) sont généralement associées à une plus grande sévérité, en particulier chez les personnes âgées.
« Pour l’instant, on constate une contagiosité et une transmissibilité accrues, mais pas nécessairement une gravité plus importante. Il est donc crucial de maintenir l’immunité des populations, en particulier chez les personnes présentant des facteurs de risque. »
Andrea Flaschi, directrice de l’épidémiologie de Mendoza
Les autorités sanitaires insistent sur le fait que la situation actuelle ne peut être comparée à celle vécue lors de la pandémie de Covid-19. Elles notent également un plateau dans l’augmentation des cas en Europe, grâce aux campagnes de vaccination, aux mesures de protection et aux recommandations de prudence.
L’OPS indique que la protection offerte par le vaccin antigrippal contre les hospitalisations reste adéquate, avec des niveaux d’efficacité similaires aux saisons précédentes. L’organisation appelle les pays de la région des Amériques à ajuster leurs plans de préparation et à renforcer l’organisation des services de santé face à l’avancée de la saison grippale et de la circulation d’autres virus respiratoires.
Le ministère de la Santé recommande à la population :
- Se faire vacciner contre la grippe, en particulier les personnes de plus de 65 ans, les femmes enceintes, les enfants de 6 à 24 mois et les personnes présentant des facteurs de risque. La vaccination du personnel de santé est obligatoire.
- Adopter des mesures de prévention : lavage fréquent des mains, aération des locaux.
- En cas de symptômes respiratoires (fièvre, toux, inconfort), éviter les activités professionnelles ou scolaires et consulter un professionnel de santé.