Publié le 22 octobre 2025. Des chercheurs américains ont identifié des marqueurs biologiques présents dans le sang des patients atteints de sclérose en plaques (SEP) jusqu’à sept ans avant l’apparition des premiers symptômes, ouvrant la voie à un diagnostic précoce et à de nouvelles stratégies thérapeutiques.
- L’étude révèle que des lésions de la myéline, la gaine protectrice des fibres nerveuses, sont détectables en moyenne sept ans avant les symptômes cliniques.
- L’interleukine 3 (IL-3), une protéine impliquée dans la réponse immunitaire, semble jouer un rôle clé dans les premiers stades de la maladie.
- Les chercheurs ont identifié une cinquantaine de protéines prédictives et déposé un brevet pour un test sanguin diagnostique basé sur les 21 plus significatives.
Une équipe de l’Université de Californie à San Francisco (UCSF) a analysé plus de 5 000 protéines présentes dans des échantillons de sang provenant de 134 personnes atteintes de SEP, prélevés avant et après leur diagnostic. Ces échantillons proviennent du Serum Repository du Département américain de la Défense, qui conserve des prélèvements de militaires datant de leur inscription, permettant ainsi une étude rétrospective sur plusieurs décennies.
Les résultats, publiés dans la revue Nature Medicine, décrivent une séquence précise d’événements conduisant à la SEP. L’étude montre que les premiers signes de détérioration de la myéline apparaissent environ sept ans avant les symptômes, suivis d’une atteinte axonale environ un an plus tard. L’implication des astrocytes, des cellules gliales du cerveau, n’est quant à elle observée qu’au moment du diagnostic clinique.
Parmi les nombreuses protéines de signalisation immunitaire détectées à un stade précoce, l’interleukine 3 (IL-3) a particulièrement attiré l’attention des chercheurs. Cette molécule est connue pour recruter des cellules immunitaires dans le cerveau et la moelle épinière, où elles peuvent attaquer les cellules nerveuses. Les patients présentant une signature d’auto-anticorps spécifique ont également montré une activité immunitaire cellulaire plus importante.
L’identification de ces marqueurs biologiques pourrait révolutionner la prise en charge de la SEP. Les chercheurs ont déposé une demande de brevet pour un test sanguin diagnostique utilisant les 21 protéines les plus prometteuses, ce qui pourrait permettre un diagnostic plus précoce et une meilleure surveillance de la progression de la maladie. Cette avancée ouvre également la voie à de nouvelles pistes de recherche pour le développement de traitements visant à prévenir ou à ralentir l’évolution de la SEP.
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