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Immigration, Réfugiés | Grønn Ungdom propose d’accueillir 10 000 réfugiés, soit 100 fois plus que le gouvernement

by Nicolas Lefèvre

Publié le 28 octobre 2025 22:41:00. Le chef du Parti travailliste norvégien, Jonas Gahr Støre, est revenu sur une proposition controversée de 2015 visant à accueillir 10 000 réfugiés syriens, alors qu’il envisage désormais un quota bien plus limité, face à l’afflux important de réfugiés ukrainiens.

  • En 2015, Jonas Gahr Støre avait plaidé pour l’accueil de 10 000 réfugiés syriens sur deux ans, une initiative perçue comme inhabituelle venant du Parti travailliste.
  • Aujourd’hui, il propose un quota de seulement 100 réfugiés, un revirement qui suscite des critiques.
  • La Norvège a accueilli environ 100 000 Ukrainiens au cours des trois dernières années, ce qui met à rude épreuve les capacités d’accueil du pays.

Le contraste entre la proposition de 2015 et la réalité actuelle souligne un changement de perspective au sein du Parti travailliste norvégien concernant la politique d’immigration. En 2015, lors d’une réunion nationale particulièrement animée, Jonas Gahr Støre avait défendu l’accueil de 10 000 réfugiés syriens sur une période de deux ans. Cette initiative avait alors surpris de nombreux vétérans du parti, car traditionnellement, ce sont les partis plus petits qui prennent de telles initiatives.

Selon un livre récent, intitulé « Partiet: En innsideberetning om Arbeiderpartiets fall » (Le Parti : un récit de l’intérieur de la chute du Parti travailliste), cet épisode a marqué un tournant dans la perception du rôle du Parti travailliste par ses membres. Le livre, écrit par les journalistes Jørgen Gilbrant et Steinar Suvatne, révèle que cette proposition avait été perçue comme un signe que Støre ne comprenait pas les dynamiques politiques traditionnelles de la Norvège.

Aujourd’hui, le contexte a radicalement changé. Støre envisage désormais un quota de seulement 100 réfugiés. Cette réduction drastique s’explique en partie par l’afflux massif de réfugiés ukrainiens en Norvège. Au cours des trois dernières années, environ 100 000 Ukrainiens ont trouvé refuge en Norvège, dont plus de 80 000 sont encore présents dans le pays.

La proposition de Støre de se concentrer sur les réfugiés relevant du système des Nations Unies pour les réfugiés, les « réfugiés de quota », diffère de la situation habituelle. La Norvège avait finalement accueilli 11 919 réfugiés syriens en 2015 et 2016. En 2013, seulement 27 % des immigrants syriens étaient employés à temps plein, selon Statistiques Norvégiennes (SSB). Au total, 46 % étaient intégrés dans la vie professionnelle.

Cette nouvelle approche a suscité des réactions vives. Henriette Sjursen-Eriksen, à la tête du Grønn Ungdom (le parti de jeunesse du MDG, parti des Verts), a fermement critiqué la proposition de Støre :

« Le Parti travailliste ne peut pas se prétendre solidaire tout en réduisant systématiquement le nombre de réfugiés à chaque occasion, alors que le nombre de réfugiés dans le monde ne cesse d’augmenter. »

Henriette Sjursen-Eriksen, chef du Grønn Ungdom

Sjursen-Eriksen propose d’accueillir 10 000 réfugiés l’année prochaine, dépassant ainsi les ambitions de son propre parti, le MDG, qui vise un quota de 5 000 réfugiés l’année prochaine.

Sjursen-Eriksen a également souligné que les jeunes politiciens norvégiens d’aujourd’hui n’ont pas forcément le souvenir des débats politiques de 2015. Elle a plaisanté :

« Oh. Est-ce qu’il a dit ça ? J’avais alors dix ans, donc je ne m’en souviens pas. »

Henriette Sjursen-Eriksen, chef du Grønn Ungdom

La ministre de la Justice, Astri Aas-Hansen, a quant à elle déclaré à Nettavisen que la Norvège doit tenir compte de sa capacité à intégrer correctement les migrants. Elle a souligné que la Norvège figure parmi les pays qui accueillent le plus de réfugiés par rapport à leur population et que la gestion de l’afflux de réfugiés ukrainiens exerce une pression importante sur les services publics et le logement.

Plusieurs municipalités norvégiennes ont d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme concernant leur capacité à accueillir un nombre croissant de réfugiés ukrainiens. Askøy, Bømlo, Kongsberg, Le ski et Sarpsborg sont parmi les communes qui ont exprimé leurs préoccupations.

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