Publié le 18 novembre 2025 23:46:00. L’encadrement des loyers, mis en place dans plusieurs métropoles françaises, ne semble pas produire l’effet escompté sur les prix des loyers, selon une nouvelle étude de l’observatoire Clameur. À Lille et Lyon, les loyers continuent de grimper malgré le dispositif.
- L’observatoire Clameur estime que l’encadrement des loyers n’a aucun impact sur les prix à Lille et Lyon.
- Lille et Lyon ont servi de villes tests pour l’encadrement des loyers depuis 2020 et 2021.
- Clameur juge la mesure contre-productive pour l’offre locative.
L’efficacité de l’encadrement des loyers est une nouvelle fois remise en question. Une étude récente de Clameur, publiée ce mardi, affirme que le dispositif n’a « aucun effet » sur les loyers dans les villes de Lille et de Lyon. Cette conclusion intervient alors que la crise du logement exacerbe les tensions sur le marché locatif dans de nombreuses grandes villes.
Selon l’observatoire, les tendances observées à Lille et Lyon ne présentent aucune différence significative avant et après la mise en place de l’encadrement. « Ce qu’on constate, c’est que les tendances restent les mêmes avant et après » l’introduction de ce dispositif, explique Guillaume Toussaint, co-auteur de l’étude, précisant qu’il « n’a pas eu d’effet sur le montant des loyers ».
Cette analyse contraste avec les conclusions d’une étude de l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR), qui avait relevé que le loyer moyen à Paris était inférieur de 8,2 % à ce qu’il aurait été en l’absence d’encadrement entre juillet 2023 et juin 2024. Clameur a toutefois choisi de ne pas inclure Paris dans son analyse, considérant que le marché locatif de la capitale est « trop spécifique et difficilement comparable à celui d’autres métropoles régionales ».
L’étude de Clameur s’appuie sur une méthodologie inspirée des sciences médicales, visant à déterminer l’impact d’une mesure (l’encadrement des loyers) sur un groupe de villes (Lille et Lyon) en le comparant à un « groupe de contrôle » composé de villes similaires sans encadrement, telles que Toulouse ou Rennes.
Au-delà de l’absence d’impact sur les prix, l’observatoire Clameur tire la sonnette d’alarme concernant les conséquences de l’encadrement sur l’offre locative, la jugeant « contre-productive ». Début septembre, la Fondation pour le logement des défavorisés avait déjà souligné que les plafonds autorisés étaient dépassés dans près d’une annonce sur trois dans les communes appliquant l’encadrement des loyers.
Christophe Robert, délégué général de la Fondation, avait alors affirmé que « l’encadrement des loyers conduit à une modération réelle des loyers ». Clameur, s’appuyant sur une base de données d’environ 11 millions de baux rédigés principalement par des professionnels, nuance cette affirmation.
Dans un contexte de crise du logement en France, caractérisé notamment par une durée de location qui s’allonge, l’observatoire Clameur estime que l’encadrement des loyers est susceptible d’aggraver la situation en réduisant l’offre locative. Selon les données de l’observatoire, les loyers ont augmenté de 16 % au cours des dix dernières années, une hausse inférieure à l’inflation (+24,7 %).
Un rapport parlementaire publié fin septembre proposait de pérenniser le dispositif d’encadrement des loyers, les députés Annaïg Le Meur (EPR) et Inaki Echaniz (PS) rappelant que l’objectif n’est pas de faire baisser les loyers, mais d’accompagner leur hausse pour « éviter les loyers excessifs ».