Publié le 24 février 2024. Malgré les mesures gouvernementales, l’inflation en Autriche reste obstinément élevée, une situation expliquée par la secrétaire d’État Michaela Schmidt lors d’une intervention télévisée jeudi soir.
- L’inflation a augmenté de 2,9 % à 4 % depuis l’arrivée au pouvoir de la coalition tripartite.
- Le gouvernement met en œuvre une réforme majeure du marché de l’électricité pour maîtriser la hausse des coûts du réseau.
- Des mesures sont envisagées pour lutter contre la « rétractationflation », cette pratique consistant à réduire le contenu des produits sans baisser le prix.
Lors de son passage sur le plateau de l’ORF, Michaela Schmidt, secrétaire d’État du SPÖ, a expliqué que l’augmentation de l’inflation était principalement due à l’expiration du plafonnement des prix de l’électricité mis en place par le gouvernement précédent. L’Autriche, selon elle, est toujours confrontée aux conséquences de la crise énergétique initiale.
« Si l’on n’intervient pas rapidement dès le début, les prix élevés de l’énergie finissent par affecter l’ensemble de l’économie », a souligné la secrétaire d’État. Elle a ajouté que plus les mesures tardent, plus elles sont coûteuses et complexes à mettre en œuvre.
Le gouvernement actuel a déjà pris plusieurs mesures pour tenter de contenir l’inflation, notamment le gel des loyers dans le secteur réglementé et l’introduction d’un contrôle des loyers sur le marché libre. Cependant, la politique énergétique est au cœur de ses préoccupations. Michaela Schmidt a présenté ce qu’elle a qualifié de « la plus grande réforme du marché de l’électricité des vingt dernières années », dotée d’un budget de 450 millions d’euros (environ 487 millions de dollars). L’objectif est de maîtriser la hausse des coûts de réseau, qui devraient augmenter de manière plus modérée l’année prochaine, et de faire participer les producteurs d’électricité à ces coûts, ce qui, selon elle, représente une répartition plus équitable de la charge.
Le modérateur, Martin Thür, a soulevé les inquiétudes exprimées par le Burgenland, qui craint que l’augmentation des coûts de rachat n’entraîne une hausse des prix de l’électricité. Michaela Schmidt a balayé ces craintes, affirmant que les prix pratiqués ne reflétaient pas les coûts de production réels. Elle a expliqué que le principe du « mérite » – qui fixe le prix en fonction de la centrale électrique la plus coûteuse – était en cause. L’Autriche, a-t-elle rappelé, dispose d’importantes capacités de production hydroélectrique à faible coût.
« Les coûts de production se situent à quelques centimes, alors que le prix actuel est d’environ 15 centimes. »
Michaela Schmidt, secrétaire d’État du SPÖ
La secrétaire d’État a également évoqué l’efficacité du tarif social, qui réduit le prix de l’électricité à six centimes pour les ménages les plus vulnérables.
La discussion a également porté sur l’augmentation des frais publics, tels que les vignettes automobiles, les tickets climatiques, les taxes d’ordures et les frais de stationnement, qui contribuent à l’inflation. Michaela Schmidt a indiqué que le gouvernement examinerait ces augmentations et les évaluerait à l’aune de son objectif de maîtrise de l’inflation. Elle a toutefois souligné la situation budgétaire difficile, qui impose des choix et une utilisation rigoureuse des ressources. À long terme, le gouvernement compte sur un nouveau mécanisme de crise dans le secteur de l’énergie pour éviter de telles hausses de prix.
Enfin, Michaela Schmidt s’est montrée ferme sur la question de la « rétractationflation », dénonçant ces « emballages trompeurs » qui proposent des produits de plus en plus petits au même prix. Elle a annoncé que le gouvernement envisage d’imposer un étiquetage obligatoire et des sanctions en cas de non-respect des règles, afin de garantir la transparence pour les consommateurs.
Interrogée sur le fait que les détaillants soient sanctionnés plutôt que les producteurs, Michaela Schmidt a rappelé leur responsabilité d’afficher correctement les prix et les promotions. Elle a jugé inacceptable l’argument d’un effort supplémentaire, soulignant que le secteur est fortement numérisé et ajuste quotidiennement ses prix et ses remises.