Publié le 2024-02-29 14:35:00. La consommation excessive d’aliments ultra-transformés, omniprésents dans notre alimentation quotidienne, est désormais pointée du doigt comme un facteur de risque majeur pour de nombreuses maladies chroniques, de la maladie cardiovasculaire au cancer. Un expert appelle à une régulation du secteur agroalimentaire pour inverser cette tendance inquiétante.
- La consommation d’aliments ultra-transformés représente entre 50 et 60 % de l’alimentation quotidienne des Néerlandais.
- Ces produits sont liés à un risque accru de maladies cardiovasculaires, de diabète, de dépression, d’inflammation et de cancer.
- Un appel est lancé à une régulation du marché alimentaire pour limiter la production et la consommation de ces aliments.
La consommation croissante d’aliments ultra-transformés constitue un problème de santé publique mondial, selon le professeur Pijl. « J’en suis convaincu, tout comme les chercheurs », a-t-il déclaré. Ces aliments, caractérisés par l’ajout de multiples conservateurs et arômes lors de leur fabrication industrielle, sont bien plus présents dans nos assiettes qu’on ne le pense.
Au-delà des sodas, des chips et des plats préparés, la définition d’un aliment ultra-transformé englobe également des produits courants comme les margarines, les substituts de viande, la viande transformée, le ketchup et même les sauces satay. Aux Pays-Bas, une étude estime que ces produits représentent entre 50 et 60 % de l’alimentation quotidienne de la population. Le professeur Pijl souligne l’accumulation de preuves liant leur consommation à une augmentation significative du risque de développer des maladies chroniques.
« Il existe des relations très claires entre la consommation de ces produits et ces maladies. Nous devons mettre un terme à cela », insiste le professeur Pijl, évoquant notamment les maladies cardiovasculaires, le diabète, la dépression, les troubles inflammatoires et différents types de cancer.
Si les conservateurs permettent de prolonger la durée de conservation des aliments ultra-transformés, le professeur Pijl nuance l’argument selon lequel il faudrait à tout prix privilégier la conservation à long terme. « Je ne pense pas que les chercheurs du Lancet appellent à moins de conservation, mais à d’autres méthodes », explique-t-il, soulignant qu’il existe des alternatives pour conserver les aliments de manière plus saine.
Pour le professeur Pijl, la solution réside dans une régulation du marché alimentaire. « Si vous n’imposez pas ces règles, elles ne fonctionneront pas », affirme-t-il. Il reconnaît toutefois la complexité de la situation, notant que l’industrie agroalimentaire répond à une demande existante. « Je ne pense pas qu’on puisse reprocher à l’industrie de fabriquer des produits que nous aimons tous vraiment et qui se vendent, parce qu’ils veulent gagner de l’argent, et c’est ainsi que nous avons construit notre société », conclut-il.