Publié le 4 novembre 2023 à 18h30. La livraison d’avions de combat F-16 américains à Taïwan, commandés en 2019, est retardée de plusieurs années, suscitant des inquiétudes sur la capacité de l’île à se défendre face aux pressions militaires croissantes de la Chine.
- La livraison des 66 avions F-16, initialement prévue en 2024, est désormais reportée à fin 2027.
- Les problèmes de production et d’approvisionnement chez Lockheed Martin sont à l’origine de ces retards.
- Taïwan cherche à accélérer le processus via une collaboration étroite avec les États-Unis.
Les retards dans la livraison des avions de combat F-16 (8 milliards de dollars) commandés en 2019 aux États-Unis préoccupent les autorités taïwanaises. Initialement attendus en 2024, ces appareils ne devraient plus arriver avant fin 2027, selon les dernières informations. Ce délai supplémentaire est particulièrement sensible pour Taïwan, qui s’efforce de moderniser son armée face à la menace grandissante d’une intervention militaire chinoise.
Lundi 3 novembre, le ministère taïwanais de la Défense a présenté un rapport au Parlement pour faire la lumière sur cette situation. La cause principale de ces retards réside dans les difficultés rencontrées par le géant de l’armement Lockheed Martin dans ses chaînes de production et d’approvisionnement. Ces problèmes mettent en évidence les vulnérabilités de l’industrie de défense américaine, soulignent les experts.
Pour Taïwan, le temps est compté. L’île souhaite renforcer ses capacités militaires afin de dissuader la Chine d’opter pour une solution militaire dans le cadre des tensions persistantes entre les deux rives du détroit de Taïwan. Afin d’atteindre cet objectif, Taïwan prévoit d’investir massivement dans la défense, avec un budget qui devrait dépasser 3 % de son produit intérieur brut (PIB) l’année prochaine. Cependant, ces retards de livraison, six ans après la signature du contrat, suggèrent que le financement seul ne suffit pas et que des obstacles matériels importants se dressent sur la route de la modernisation.
La solution privilégiée par Taïwan consiste à exercer une pression diplomatique sur Washington pour que la production de ses avions de combat soit priorisée. Selon le ministère taïwanais de la Défense, ces efforts semblent porter leurs fruits : Lockheed Martin aurait mobilisé ses équipes pour accélérer l’assemblage des F-16. Cette information n’a pas encore été officiellement confirmée par l’entreprise américaine, mais le ministre taïwanais de la Défense a assuré aux parlementaires que des progrès sont en cours.
« Je tiens à rassurer nos concitoyens : la situation n’est pas figée. Nous avons travaillé en étroite collaboration avec les États-Unis pour accélérer le processus, et c’est pourquoi un groupe de travail spécial a été créé. »
Ministre taïwanais de la Défense
Le ministre a également précisé que des équipes travaillent désormais vingt heures par jour sur les lignes de production, avec une cinquantaine d’avions en cours d’assemblage simultané, afin de respecter les délais.
La dépendance de Taïwan vis-à-vis des États-Unis pour son approvisionnement en matériel militaire, notamment en aviation, est un sujet de préoccupation. Dans les années 1980, Taïwan avait lancé un programme ambitieux pour développer ses propres avions de combat, dans le but de réduire sa dépendance aux importations étrangères. Cependant, ce programme a été abandonné l’année dernière, en raison du coût prohibitif de la construction d’avions capables de rivaliser avec les technologies avancées américaines, françaises et chinoises.
Taïwan est donc contraint de s’approvisionner à l’étranger, acceptant par conséquent les délais de livraison qui en découlent. Les États-Unis restent le seul pays disposé à fournir ce type d’équipement à Taïwan, malgré les pressions diplomatiques exercées par la Chine pour empêcher l’île de renforcer ses défenses.
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