Home MondeInterdictions d’entrée : les États-Unis sanctionnent d’anciens hauts responsables de l’UE et des militants allemands de « HateAid » pour « censure » sur Internet

Interdictions d’entrée : les États-Unis sanctionnent d’anciens hauts responsables de l’UE et des militants allemands de « HateAid » pour « censure » sur Internet

by Clara Dubois

Publié le 23 décembre 2023 23:26:00. Washington a annoncé l’interdiction de territoire américain à cinq citoyens européens, dont des responsables d’organisations luttant contre la haine en ligne, en représailles à leurs efforts pour réglementer les plateformes numériques américaines en Europe.

  • Le gouvernement américain sanctionne des personnalités européennes impliquées dans la régulation des plateformes en ligne.
  • Parmi les personnes visées figurent les dirigeantes de l’organisation allemande « HateAid », récompensée pour son action contre la violence numérique.
  • L’ancien commissaire européen français Thierry Breton, à l’origine de la loi sur les services numériques (DSA), est également concerné.

Les États-Unis ont franchi un nouveau cap dans leur opposition à la régulation numérique européenne en imposant des interdictions d’entrée à cinq citoyens européens. Cette décision, annoncée par le Département d’État américain sur le réseau social X, cible des figures clés de la lutte contre la haine et la désinformation en ligne, ainsi qu’un ancien responsable européen ayant joué un rôle majeur dans l’adoption de nouvelles règles pour les plateformes numériques.

Anna-Lena von Hodenberg, directrice générale de l’organisation allemande « HateAid », et sa collègue Joséphine Ballon figurent parmi les personnes visées. « HateAid », fondée en 2018, est le premier centre de conseil national en Allemagne dédié à l’aide aux victimes de violence en ligne, offrant un soutien face aux discours haineux et discriminatoires. Anna-Lena von Hodenberg a d’ailleurs reçu en octobre dernier l’Ordre fédéral du mérite pour son engagement dans ce domaine.

L’ancien commissaire européen français Thierry Breton, architecte de la loi sur les services numériques (DSA), est également sanctionné. Cette législation européenne vise à responsabiliser les plateformes en ligne quant au contenu qu’elles hébergent. Sont également concernés Imran Ahmed, fondateur du « Center for Countering Digital Hate », et Clare Melford, fondatrice du « Global Disinformation Index », deux organisations engagées dans la lutte contre la désinformation en ligne.

Dans un premier temps, le ministère américain n’a fait référence qu’à des « activistes radicaux » et des organisations non gouvernementales « instrumentalisées » qui auraient encouragé des mesures de censure à l’étranger, cherchant à forcer les plateformes américaines à supprimer des contenus qu’elles désapprouvaient. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, avait déjà prévenu que les États-Unis ne toléreraient plus la « censure extraterritoriale » et qu’une liste de personnalités du « complexe industriel mondial de la censure » pourrait être élargie.

Ces sanctions interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Bruxelles concernant la régulation des plateformes numériques. Les États-Unis ont vivement critiqué la décision de la Commission européenne d’infliger une amende de 120 millions d’euros (environ 130 millions de dollars américains) à la plateforme X, propriété d’Elon Musk, pour manque de transparence. Marco Rubio a dénoncé sur X une « attaque contre toutes les plateformes technologiques américaines et le peuple américain par des gouvernements étrangers », affirmant que l’ère de la censure en ligne pour les Américains était révolue.

dpa/jho/jac

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