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Investir dans la nature pour la résilience des communautés à long terme – Actualités

by Clara Dubois

Publié le 15 octobre 2025 06:13:00. À Abu Dhabi, lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN, des experts ont souligné l’importance cruciale d’une adaptation au changement climatique ancrée dans les communautés locales et respectueuse de la nature, en s’appuyant sur des expériences réussies en Afrique australe et au Moyen-Orient.

  • L’Adaptation à base communautaire (ABC), lorsqu’elle s’appuie sur les écosystèmes locaux, permet de mieux relier les initiatives de terrain aux objectifs climatiques mondiaux.
  • Le renforcement des capacités locales, la cohérence des politiques et un financement adéquat sont essentiels pour intensifier l’ABC basée sur la nature.
  • Des obstacles majeurs persistent, notamment l’accès limité au financement, un faible alignement des politiques et des lacunes en matière de compétences.

Le Congrès mondial de la nature de l’UICN, qui se tient à Abu Dhabi, a été le théâtre d’une discussion approfondie sur l’efficacité de l’Adaptation à base communautaire (ABC). Les participants ont mis en avant des exemples concrets issus du Zimbabwe, de la Zambie, du Mozambique, de la Jordanie, de la Syrie et du Liban, démontrant comment une approche centrée sur les communautés peut combler le fossé entre les réalités locales et les ambitions internationales en matière de lutte contre le changement climatique.

Julio João, directeur provincial de l’agriculture et de la pêche à Inhambane (Mozambique), a ouvert la session en insistant sur la nécessité de s’appuyer sur les stratégies d’adaptation déjà mises en œuvre par les populations locales. Ses propos ont donné le ton à une discussion axée sur le leadership et les connaissances locales.

Carla Manjate Rombe, de l’UICN Mozambique, a présenté le projet CBAScale+, soulignant que l’ABC est d’autant plus efficace qu’elle est co-conçue avec les communautés et s’inscrit dans une démarche inclusive. Elle a cité des outils participatifs tels que les évaluations participatives de la vulnérabilité climatique (EPVC), les plans d’action communautaires d’adaptation (CAAP) et la planification participative de scénarios (PSP) comme des moyens de renforcer l’appropriation, la confiance et la légitimité des actions.

Carla Manjate Rombe

Carla Manjate Rombe

Le premier cycle de discussions, animé par le représentant de l’UICN au Zimbabwe, a exploré comment l’Adaptation basée sur les écosystèmes (EbA) peut renforcer l’approche ABC en améliorant la résilience climatique locale tout en offrant des avantages supplémentaires pour la biodiversité.

Alec Crawford, directeur de Nature à l’Institut international du développement durable (IISD), a estimé que l’intégration des Solutions basées sur la nature (SbN) dans l’adaptation est « une évidence », en particulier en Afrique australe où les moyens de subsistance dépendent fortement des ressources naturelles et des écosystèmes locaux.

« L’EbA est rentable et durable : elle fonctionne avec des espèces et des connaissances locales plutôt qu’en important des technologies externes. »

Alec Crawford, Directeur de Nature, IISD

Myrna semaan, présidente des Amis de la Nature et membre de la Commission Action Climat de l’UICN, a souligné que les communautés et les écosystèmes sont des éléments constants à long terme, contrairement aux évolutions politiques et économiques.

« Les gouvernements vont et viennent, mais les personnes et les écosystèmes demeurent. Si nous voulons réduire les risques sociétaux, nous devons investir dans les personnes et la nature. »

Dr Myrna semaan, Présidente des Amis de la Nature et membre de la Commission Action Climat de l’UICN

Hélène Hoffmann, de l’Initiative internationale allemande pour le climat (IKI), a ajouté qu’il est impératif d’aborder simultanément les crises de la biodiversité et du climat :

« La crise biodiversité-climat – nous savons que l’un ne va pas sans l’autre, nous devons les affronter en même temps. »

Hélène Hoffmann, Initiative internationale allemande pour le climat (IKI)

Les participants se sont accordés sur le fait que des environnements favorables – grâce à la cohérence des politiques, à une gouvernance efficace et à un financement adéquat – sont essentiels pour intensifier l’ABC basée sur la nature.

Un intervenant a souligné la nécessité d’intégrer les expériences locales dans les cadres nationaux d’adaptation :

« Nous devons boucler la boucle – tirer les leçons des communautés et les intégrer dans les CDN (contributions déterminées au niveau national) et autres cadres nationaux. Sinon, ils resteront hiérarchiques et déconnectés. »

Intervenant anonyme

Alec Crawford a insisté sur le fait qu’une adaptation réussie nécessite une volonté politique, un alignement des politiques et un renforcement des capacités à tous les niveaux :

« L’adaptation doit refléter les vulnérabilités et les perspectives des communautés locales, et pas seulement les plans nationaux. »

Alec Crawford, Directeur de Nature, IISD

Hélène Hoffmann a précisé que l’appel ciblé de l’IKI en faveur de l’ABC, qui a conduit à CBAScale+, visait délibérément à autonomiser directement les communautés :

« Les subventions importantes excluent souvent les acteurs locaux. En offrant également des subventions moyennes et petites, nous ouvrons la possibilité d’une appropriation et d’une participation significative. »

Hélène Hoffmann, Initiative internationale allemande pour le climat (IKI)

Au cours de la session, trois obstacles majeurs ont été identifiés : un accès limité au financement, un faible alignement des politiques et des lacunes en matière de compétences.

Julio João a souligné l’importance de mobiliser les ressources locales pour assurer la pérennité des actions :

« Nous ne pouvons pas attendre des bailleurs de fonds externes. Les gouvernements locaux et les communautés disposent de ressources – monétaires et autres – qui peuvent soutenir les efforts d’adaptation. »

Julio João, Directeur provincial de l’agriculture et de la pêche à Inhambane

Alec Crawford a révélé que l’analyse politique de CBAScale+ a montré que seulement 6 % des politiques régionales intègrent actuellement le langage de l’ABC :

« Cette déconnexion politique limite le financement et la capacité. CBAScale+ peut aider à modifier ce signal grâce à ses activités. »

Alec Crawford, Directeur de Nature, IISD

Un intervenant a ajouté que les responsables nationaux eux-mêmes manquent souvent de connaissances sur les engagements pris dans les CDN et les PAN (Plans nationaux d’adaptation) :

« Sans renforcement des capacités à tous les niveaux, les ambitions politiques ne se traduiront pas dans la pratique. »

Intervenant anonyme

En conclusion, les participants ont partagé une vision commune pour faire progresser l’ABC basée sur la nature :

Hélène Hoffmann a insisté sur la nécessité d’une meilleure communication :

« Nous avons des réussites, les données sont là, le tableau est là. Nous devons mieux les mettre en évidence pour les communiquer aux décideurs et faire comprendre clairement les avantages économiques de la mise à l’échelle de l’ACB basée sur la nature. »

Hélène Hoffmann, Initiative internationale allemande pour le climat (IKI)

Julio João a souligné l’importance de l’engagement de toutes les parties prenantes :

« L’engagement de toutes les parties prenantes est essentiel – c’est ainsi que nous maintenons notre dynamique. »

Julio João, Directeur provincial de l’agriculture et de la pêche à Inhambane

Alec Crawford a appelé à un alignement continu entre les domaines de la biodiversité et du climat :

« Nous avons besoin d’un alignement continu entre les mondes de la biodiversité et du climat – cette direction doit se poursuivre et créer des synergies entre eux. »

Alec Crawford, Directeur de Nature, IISD

Myrna semaan a conclu :

« La nature est la grande survivante. Si nous renforçons la résilience grâce aux écosystèmes, les communautés prospéreront. Les solutions fondées sur la nature ne devraient pas être le dernier recours – elles doivent être la première solution sur les étagères. »

Dr Myrna semaan, Présidente des Amis de la Nature et membre de la Commission Action Climat de l’UICN

Qu’est-ce que CBAscale+ ?

Le Projet Échelle+ de l’ABC est une initiative régionale soutenant l’adaptation climatique menée par les communautés et basée sur la nature au Mozambique, au Zimbabwe et en Zambie. Il est mis en œuvre par un consortium de partenaires – CARE, UICN, IISD et le Réseau d’analyse des politiques alimentaires, agricoles et des ressources naturelles (FANRPAN) – et financé par l’Initiative internationale pour le climat (IKI) de l’Allemagne. Le projet permet aux communautés – en particulier aux femmes et aux groupes marginalisés – de développer des solutions adaptées localement qui restaurent les écosystèmes, renforcent les moyens de subsistance et améliorent la résilience face aux chocs climatiques. En reliant l’action locale aux politiques nationales et mondiales, le projet vise à intensifier les pratiques réussies et à contribuer aux objectifs plus larges en matière de climat et de biodiversité.

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