Publié le 7 octobre 2023. L’armée israélienne a commencé à délimiter une « ligne jaune » dans la bande de Gaza, avertissant que toute personne la franchissant s’exposera à des tirs, après avoir tué plus de 20 Gazaouis depuis le début de la trêve.
- Israël a commencé à marquer une ligne de démarcation dans la bande de Gaza, menaçant de tirer sur quiconque la franchirait.
- Plus de 20 Gazaouis ont été tués par l’armée israélienne après avoir traversé cette ligne pendant la période de trêve.
- Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a dénoncé des exécutions extrajudiciaires par le Hamas et des meurtres de civils palestiniens par Israël.
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé sur le réseau social X (anciennement Twitter) que l’armée avait commencé à tracer cette ligne jaune le long de son itinéraire. Selon Katz, cette démarcation vise à « avertir les terroristes du Hamas et les habitants de Gaza que toute violation ou tentative de franchir la ligne sera accueillie par des tirs ». Il a également partagé une image d’un bloc de béton surmonté d’un panneau jaune, vraisemblablement le dispositif utilisé pour matérialiser cette ligne.
Ces annonces interviennent une semaine après le début d’une trêve à Gaza. Selon les chiffres du ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas – une organisation considérée comme terroriste par Israël, les États-Unis, l’Union européenne et d’autres pays – plus de 20 Gazaouis ont été tués par l’armée israélienne après avoir franchi cette ligne vers des zones encore sous contrôle israélien. Ces décès ont été validés par des organisations internationales, bien que des études indépendantes aient suggéré que le bilan réel pourrait être plus élevé.
Les autorités sanitaires de Gaza ont précisé que les victimes étaient des personnes déplacées par les combats, tentant de regagner leurs foyers pendant la trêve. Elles ont été abattues par des troupes ou des drones israéliens en pénétrant dans des zones sous contrôle israélien.
Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (ACNUDH) a dénoncé mercredi à la fois des « exécutions extrajudiciaires » attribuées au Hamas et des « meurtres de civils palestiniens » commis par Israël, ces derniers étant apparemment liés au franchissement de cette « ligne jaune ». L’ACNUDH a rappelé qu’« attaquer des civils ne participant pas directement aux hostilités constitue un crime de guerre, quel que soit le lieu de l’incident et sa proximité avec la ligne de déploiement convenue ».
L’armée israélienne a confirmé mardi avoir tiré sur des Gazaouis ayant franchi cette ligne, selon des informations rapportées par l’agence de presse EFE. Des habitants de la ville de Gaza ont déclaré ne pas connaître l’emplacement exact de cette ligne imaginaire, se fiant aux informations transmises par leurs voisins. « Nous nous déplaçons uniquement dans les zones où nous vivons. Si je veux savoir si un endroit est dangereux, je demande aux gens : est-ce que quelqu’un y est allé ces dernières heures ? La situation est dangereuse. Ce sont les voisins qui nous informent de ce qui se passe réellement », a témoigné Mohamed Badaui, un habitant du quartier Zeitún.
L’accord de trêve entre le Hamas et Israël couvre l’ensemble de la bande de Gaza et prévoit le retrait des forces israéliennes jusqu’à la « ligne jaune ». Cependant, cette ligne ne délimite pas une zone où la trêve ne s’appliquerait pas, bien que l’armée israélienne invoque la légitime défense et menace de tirer sur les Palestiniens dans cette zone. Entre cette ligne et la frontière entre Gaza et Israël, l’espace varie de 1,5 kilomètre à 6,5 kilomètres de largeur. Malgré son retrait sur cette ligne, Israël conserve le contrôle de plus de 50 % du territoire de Gaza.
rml (efe, @Israel_katz, @OHCHR_Palestine)
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