Le réalisateur iranien Jafar Panahi a été condamné par contumace à une nouvelle peine de cinq ans et un mois de prison, assortie de la saisie de ses biens. Cette décision de la justice iranienne intervient alors que le cinéaste venait de triompher à l’international avec son film It Was Just an Accident
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La Chambre 26 du tribunal révolutionnaire de Téhéran prononce une peine de cinq ans et un mois
Le réalisateur Jafar Panahi fait face à une lourde aggravation de sa situation judiciaire en Iran. La Chambre 26 du tribunal révolutionnaire de Téhéran a prononcé par contumace une peine de cinq ans et un mois de détention à l’encontre du cinéaste, selon les informations rapportées par son conseil, Mostafa Nili, à l’agence de presse réformiste Emtedad.

En plus de cette peine de prison, le tribunal a ordonné la confiscation de l’ensemble de ses biens mobiliers et immobiliers. Les magistrats ont également prononcé à son encontre une interdiction de quitter le territoire ainsi qu’une interdiction d’utiliser les réseaux sociaux d’une durée de deux ans chacun.
Le gel inattendu des comptes bancaires révèle l’existence de la procédure
Le cinéaste n’avait reçu aucune convocation officielle pour cette audience. C’est en constatant le gel soudain de ses comptes bancaires que l’artiste et son avocat ont découvert l’existence de cette nouvelle condamnation en se rendant au bureau d’exécution des peines du parquet de la culture et des médias de Téhéran.
Les documents du dossier affirmaient curieusement que le réalisateur se trouvait à l’étranger au moment des faits. Pourtant, Jafar Panahi était rentré en Iran le 30 mars 2026, après avoir achevé la tournée internationale et la promotion de son long-métrage. Son avocat a souligné qu’un mandat d’arrêt avait même été émis le 20 mai par le bureau d’investigation alors que le réalisateur se trouvait physiquement dans le bâtiment du tribunal pour répondre à une autre convocation.
Le retour au pays malgré les risques après le succès de « It Was Just an Accident »
Cette nouvelle sanction s’ajoute à une condamnation distincte prononcée fin 2025 pour activités de propagande contre le système
. Le réalisateur cumulait déjà trois procédures ouvertes devant les juridictions iraniennes au moment de ce dernier verdict. Malgré la menace d’une incarcération imminente et un climat politique extrêmement tendu marqué par une vague de répression, le cinéaste avait affirmé sa volonté absolue de regagner sa patrie.

Jafar Panahi a déclaré selon Variety : Je suis quelqu’un qui a besoin de vivre dans son propre pays. J’ai besoin d’y respirer et d’y travailler. S’ils veulent faire exécuter cette peine de prison, qu’ils le fassent.
Le parcours du metteur en scène reste indissociable de son engagement artistique face à la censure. Son film It Was Just an Accident, couronné par la Palme d’or au Festival de Cannes en 2025 et sélectionné pour représenter la France aux Oscars, puise en partie sa force narrative dans l’expérience de son incarcération passée à la prison d’Evin.
La mobilisation du milieu artistique face à la multiplication des procédures
Les condamnations successives et les restrictions d'activité frappant le réalisateur ont provoqué l'indignation de la communauté culturelle internationale.
Au cours des deux dernières décennies, le cinéaste a fait l’objet de multiples arrestations et interdictions de filmer par les autorités iraniennes. Déjà condamné à une peine de six ans d’emprisonnement en 2010 ainsi qu’à une interdiction de voyage et de réalisation, il avait par la suite été incarcéré à la prison d’Evin en juillet 2022 après s’être enquêté sur l’arrestation de ses confrères Mohammad Rasoulof et Mostafa Al-Ahmad. Il avait obtenu sa libération en février 2023 à l’issue d’une grève de la faim.

La procédure récente mentionne également divers griefs retenus par la justice à l’encontre de l’artiste, incluant des marques de soutien envers des mouvements de contestation et des figures militantes. Les soutiens du réalisateur soulignent la continuité de son engagement malgré les interdictions successives, tandis que ses défenseurs rappellent que ses films primés à l’international, de « The Circle » couronné par un Lion d’or à Venise à « Taxi » distingué par un Ours d’or à Berlin, témoignent d’une résistance artistique constante face au pouvoir en place à Téhéran.