Neil Young a déposé plainte le 26 octobre 2026 contre le comité politique Trump 47 Committee Inc., réclamant 10 millions de dollars de dommages et intérêts. Le musicien canadien reproche à l’organisation d’avoir diffusé sans autorisation son tube Rockin' in the Free World
lors d’un meeting de campagne dans l’Ohio.
Neil Young dépose une plainte de 10 millions de dollars après un meeting en Ohio
Le différend trouve son origine le 12 octobre 2026 à Youngstown, dans l’Ohio. Ce jour-là, la chanson Rockin’ in the Free World
a retenti pour accompagner l’arrivée sur scène de Donald Trump lors d’un rassemblement électoral en vue des élections de mi-mandat. L’artiste canadien-américain, âgé de 80 ans, estime que cette diffusion constitue une violation directe de ses droits d’auteur, menée sans licence ni consentement préalable.
La procédure judiciaire a été introduite devant le tribunal fédéral de Virginie par le biais de la société d’édition musicale du chanteur, Silver Fiddle Music. Outre les dommages et intérêts fixés à 10 millions de dollars, la plainte exige le remboursement intégral des frais de justice et demande qu’une injonction interdise définitivement à l’organisation politique d’utiliser les compositions de l’artiste lors d’événements publics.
Neil Young répète une action judiciaire après un accord de 2020
Ce nouveau recours s’inscrit dans un conflit de longue date entre le musicien et l’ancien président américain. En août 2020, une action en justice similaire avait déjà été intentée devant un tribunal new-yorkais pour l’utilisation non autorisée de la même chanson et d’un autre titre, Devil’s Sidewalk
, lors de rassemblements de campagne. Cette procédure s’était soldée en décembre de la même année par un accord amiable après que l’équipe de campagne eut promis de ne plus exploiter le morceau sans l’autorisation expresse du créateur.
Selon les documents déposés par ses avocats Robert Besser et Scott Simmons, l’équipe de campagne de l’époque n’avait asserted no defence and immediately settled shortly after it was served
, selon les termes rapportés dans les pièces du dossier. Le nouveau texte accuse le comité politique actuel d’avoir agi en parfaite connaissance de cause, affirmant que le candidat was personally aware that a license would be required to play the Song at rallies
et que le musicien has not, and would not, grant the required license
.
Le comité ne dispose pas actuellement, et ne disposait pas lors du rassemblement de Youngstown ni d’aucun autre rassemblement financé et organisé par le comité, d’une licence ou de l’autorisation de Young pour jouer la chanson lors d’un événement politique public.
Extrait des documents judiciaires, via Euronews et Yahoo
Un conflit idéologique autour d’un hymne contestataire
Au-delà de la question juridique du droit d’exécution publique, la plainte souligne un gouffre idéologique entre le message de l’œuvre et la personnalité politique visée. Sortie en 1989 sur l’album Freedom, la chanson est qualifiée dans les documents judiciaires de blistering anthem that contrasts the hollow promises of American political rhetoric with the harsh realities faced by the poor, homeless and forgotten
.
Le texte souligne que l’utilisation de ce morceau porte atteinte à la réputation de l’auteur en accréditant l’idée qu’il soutiendrait les orientations politiques de Donald Trump. Pour l’artiste, le titre incarne l’exact opposé de tout ce que représente Donald J. Trump
. Cette opposition artistique ne date pas d’hier : elle remonte au mois de juin 2015, lorsque la musique avait déjà été jouée lors de l’annonce officielle de la première candidature à la Trump Tower.

Frondes musicales contre l’utilisation politique de leurs œuvres
Le cas de Neil Young illustre une fronde plus large menée par de nombreux musiciens de premier plan contre l’utilisation non consentie de leurs répertoires dans l’arène politique. Des artistes et formations tels que les Rolling Stones, Rihanna, Adele, R.E.M. ou encore les ayants droit de Prince ont également exprimé par le passé leur opposition à de telles diffusions lors de rassemblements partisans.
Dans cette nouvelle procédure enregistrée devant la cour fédérale de Virginie, le comité visé devra formuler sa réponse ou déposer une motion de contestation dans les délais habituels prévus par le droit fédéral américain après sa notification officielle, aucune date d’audience n’ayant encore été fixée par la juridiction.