Publié le 2024-02-29 14:35:00. L’entrepreneuriat séduit de plus en plus de jeunes Espagnols, mais derrière l’attrait de l’indépendance se cachent des défis considérables. Noélia Tomé, une jeune entrepreneure espagnole, témoigne de son expérience et des remises en question qui ont conduit à la restructuration de son entreprise.
- L’entrepreneuriat est en plein essor en Espagne, particulièrement auprès des jeunes.
- Noélia Tomé a connu un succès rapide avec sa pâtisserie, mais a dû faire face à des difficultés liées à la croissance et à la pandémie de Covid-19.
- Une réorganisation de son modèle économique, axée sur le numérique et la réduction des effectifs, lui a permis de retrouver une meilleure rentabilité et un équilibre de vie.
En Espagne, l’entrepreneuriat est devenu une voie professionnelle de plus en plus prisée, notamment par les jeunes générations attirées par l’indépendance et la possibilité de créer leur propre projet. Cependant, ce chemin est semé d’embûches, de sacrifices et de défis, comme le soulignent de nombreux travailleurs indépendants. Malgré ces difficultés, un dénominateur commun unit tous les entrepreneurs : la passion et l’engagement nécessaires à la concrétisation de leur vision.
C’est dans ce contexte que l’histoire de Noélia Tomé résonne particulièrement. Après huit ans passés dans une pâtisserie, cette jeune femme a pris la décision de se lancer et de créer sa propre entreprise. Lors d’une interview accordée au podcast d’Eric Ponce, elle a partagé les raisons qui l’ont poussée à entreprendre et a dévoilé une réalité méconnue de la création d’entreprise.

À seulement 24 ans, Noélia Tomé a créé Noelia Bakery, une cafétéria-pâtisserie à Viladecans. « Nous faisions tout sur place, tout était artisanal », explique-t-elle. Le succès a été rapide, l’obligeant à embaucher du personnel. Entre 2016 et 2020, son équipe s’est agrandie pour atteindre six personnes, chargées de gérer les réseaux sociaux et de préparer les commandes.
Cependant, l’arrivée de la pandémie de Covid-19 a bouleversé son modèle économique. Elle s’est alors tournée vers les commandes en ligne : « Nous avons commencé à proposer des petits déjeuners à domicile avec des produits artisanaux, et cela a très bien fonctionné, avec 40 à 50 petits déjeuners par jour ». Cette augmentation de l’activité a nécessité l’embauche de cinq pâtissiers supplémentaires et l’agrandissement de son atelier.

Grâce au succès des ventes en ligne, l’activité de Noélia a connu une croissance rapide. La jeune femme a pu acquérir un deuxième local, son premier étant devenu trop petit pour répondre à la demande. Cependant, elle explique que cette expansion a été une erreur : « J’ai mal géré la situation car je n’avais plus le contrôle de ce qui se passait dans les deux magasins. La croissance a été trop rapide pour moi. »
« Il y a eu beaucoup de problèmes. Parfois, je recevais 50 commandes de petits déjeuners et le pâtissier m’appelait le matin pour me dire que la qualité n’était pas au rendez-vous. Je me levais tous les jours à 5 heures du matin pour vérifier qui ne viendrait pas travailler », témoigne-t-elle. « L’année dernière, nous avons facturé 500 000 euros, mais au final, le bénéfice net était de seulement 15 000 ou 20 000 euros en raison des nombreux employés et des coûts des matières premières. Le problème, c’est qu’il faut beaucoup de bras pour tout faire. »
Malgré un chiffre d’affaires important, le bénéfice final était « minime » et ne compensait pas le stress engendré. C’est cette anxiété qui l’a poussée à prendre la décision de réorganiser son entreprise.
« J’ai réalisé que tout fonctionnait très bien en ligne et nécessitait moins de personnel. Il n’était plus nécessaire d’avoir un point de vente physique avec une personne dédiée à l’accueil des clients, mais je pouvais toucher un public plus large, présenter mes produits et les vendre plus facilement. C’est beaucoup plus confortable », explique-t-elle. Elle a alors vendu sa cafétéria et s’est concentrée sur la production de pâtisserie.
« J’ai réfléchi à ce que je pouvais faire pour gagner de l’argent par moi-même : des cours, de la publicité, la vente de gâteaux », raconte Noélia Tomé. Son succès sur les réseaux sociaux lui a permis de publier son propre livre, intitulé Oh, mon cookie. « J’ai diversifié mes activités et exploré différents domaines. » Cette réorganisation a permis à Noélia d’augmenter ses revenus, de retrouver la sérénité et de se consacrer pleinement à sa passion : la pâtisserie.
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