Home NouvellesJe vais te dire ma vérité sur le fascisme

Je vais te dire ma vérité sur le fascisme

by Nicolas Lefèvre

Roberto Vannacci, un ancien officier de l’armée italienne, a été condamné non pas pour ses propres propos, mais pour avoir relayé l’opinion d’un historien et des faits avérés concernant l’ascension du fascisme en Italie. Cette décision, qualifiée d’injuste par l’intéressé, soulève des questions sur les limites de la liberté d’expression et la réécriture de l’histoire.

La polémique a éclaté suite à la publication sur Facebook d’un message de Vannacci reprenant une analyse de l’historien Francesco Perfetti sur les élections de 1921 qui ont vu l’élection de Benito Mussolini au Parlement, ainsi que sur l’adoption formelle des lois raciales entre 1923 et 1938, en conformité avec les procédures parlementaires de l’époque. L’accusation portée contre Vannacci ne porte pas sur une justification personnelle de ces lois, mais sur le fait qu’en se contentant de rapporter des faits historiques, il aurait implicitement minimisé la violence et la répression qui ont caractérisé la période fasciste.

Selon l’accusation, omettre le contexte de violence, les agressions, l’utilisation de la force et les crimes politiques, tels que l’assassinat de Giacomo Matteotti, reviendrait à justifier une des périodes les plus sombres de l’histoire italienne. Vannacci réfute cette interprétation, arguant que la simple constatation de faits historiques ne peut être assimilée à une approbation. Il souligne que des lois peuvent être légalement adoptées tout en étant moralement répréhensibles, citant en exemple les lois sur le viol en Italie, considérées comme un crime contre la moralité jusqu’en 1996, ou encore les lois sur les « crimes d’honneur » qui permettaient une réduction de peine en cas de meurtre de femmes pour défendre l’honneur familial.

Il établit également un parallèle avec les lois Jim Crow aux États-Unis, qui instauraient la ségrégation raciale et étaient approuvées par les gouvernements des États et confirmées par la Cour suprême, tout en étant considérées comme inacceptables. Vannacci insiste sur le fait que la citation d’un historien ne saurait engager la responsabilité de celui qui la rapporte.

L’ancien officier dénonce une forme de censure intellectuelle, s’appuyant sur les écrits d’Alain de Benoist qui critique les « lois mémorielles » visant à interdire la contestation de certaines interprétations historiques, comme la loi Gayssot interdisant de contester les conclusions du procès de Nuremberg, ou la loi reconnaissant le génocide arménien. Il estime que ces lois, en cherchant à imposer une vérité historique, constituent une « aberration » et alimentent un sentiment de culpabilité collective.

« Insinuer que le droit est capable de décider de la vérité historique, ce qui est une aberration », a-t-il écrit. Vannacci craint désormais d’être lui-même condamné pour avoir cité les propos d’Alain de Benoist, illustrant, selon lui, l’intolérance envers les opinions divergentes.

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