Publié le 29 octobre 2025 07h13. Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) frappent de plus en plus souvent les jeunes adultes, et des troubles du sommeil chroniques pourraient en être une cause majeure, souvent méconnue. Une bonne hygiène de sommeil et un apport suffisant en vitamine D apparaissent comme des éléments clés de prévention.
- L’apnée obstructive du sommeil (AOS) multiplie par 2,5 à 4 le risque d’AVC ischémique.
- L’insomnie chronique, surtout avec un sommeil de moins de 6 heures par nuit, augmente le risque d’AVC de 54 %.
- Des troubles du rythme veille-sommeil, fréquents chez les travailleurs postés, sont associés à un risque accru d’AVC de 80 %.
Longtemps considérés comme une maladie liée à l’âge, les accidents vasculaires cérébraux touchent désormais une population de plus en plus jeune. Si l’hypertension artérielle et le diabète restent des facteurs de risque majeurs, les spécialistes s’intéressent de près à l’impact des troubles du sommeil, qui seraient sous-diagnostiqués, en particulier chez les moins de 50 ans.
Plusieurs troubles chroniques du sommeil ont été identifiés comme des facteurs de risque significatifs. L’apnée obstructive du sommeil (AOS), caractérisée par des interruptions répétées de la respiration pendant le sommeil, est particulièrement préoccupante. Une méta-analyse a révélé que les patients souffrant d’AOS modérée à sévère présentent un risque d’AVC ischémique 2,5 à 4 fois plus élevé que ceux qui n’en sont pas atteints. L’insomnie chronique, surtout lorsqu’elle s’accompagne d’une durée de sommeil inférieure à 6 heures, augmente également considérablement le risque d’AVC, avec une hausse de 54 % observée sur une période de 10 ans.
Les perturbations du rythme circadien, comme celles rencontrées chez les personnes travaillant en horaires décalés, sont également à surveiller. Le syndrome de phase de sommeil retardée et les cycles veille-sommeil atypiques sont liés à un risque d’AVC accru de 80 %. D’autres troubles, tels que le syndrome des jambes sans repos (SJSR), qui provoque des sensations désagréables dans les jambes et perturbe le sommeil, et l’hypersomnolence (sommeil excessif), peuvent également contribuer à augmenter le risque.
Comment les troubles du sommeil affectent-ils le cerveau et le cœur ? Le sommeil joue un rôle essentiel dans la régulation cardiovasculaire et neurologique. Un sommeil perturbé active le système nerveux sympathique, ce qui entraîne une augmentation de la tension artérielle et une diminution de la capacité du cerveau à s’autoréguler. Il peut également provoquer un dysfonctionnement endothélial, un stress oxydatif et une inflammation, autant de facteurs qui augmentent la vulnérabilité aux AVC.
Le mode de vie moderne, caractérisé par le stress, l’utilisation excessive des écrans et le travail posté, contribue à détériorer la qualité du sommeil. La lumière bleue émise par les écrans retarde la production de mélatonine, l’hormone du sommeil, et réduit ainsi sa durée. Une alimentation déséquilibrée et le manque d’exercice physique peuvent également exercer une pression supplémentaire sur le système cardiovasculaire.
Pour prévenir les AVC liés aux troubles du sommeil, il est essentiel de rétablir de bonnes habitudes de sommeil. Cela passe par le dépistage et le traitement de l’apnée du sommeil, par exemple grâce à la thérapie par pression positive continue (CPAP), qui a démontré son efficacité pour réduire le risque de récidive d’AVC. Adopter une routine de sommeil régulière, limiter l’exposition aux écrans le soir, réduire le stress grâce à des techniques de relaxation comme le yoga ou la méditation, et adopter une alimentation saine et équilibrée sont également des mesures importantes.
Selon le Dr Nilesh Chaudhary, neurologue consultant principal au Dr LH Hiranandani Hospital Powai Mumbai :
« Les troubles du sommeil ne sont pas de simples désagréments nocturnes, mais de potentiels déclencheurs d’AVC aux conséquences graves. Accorder une importance primordiale au sommeil est la meilleure défense dont nous disposons pour protéger notre cerveau et notre avenir. »