Publié le 20 novembre 2025 15:01:00. Les recherches sur l’ARN messager (ARNm) connaissent un essor considérable, ouvrant de nouvelles perspectives dans la lutte contre le cancer et d’autres maladies, grâce aux avancées spectaculaires observées avec les vaccins contre la Covid-19. Des équipes françaises explorent notamment des méthodes innovantes pour réduire les coûts de production et améliorer l’efficacité de ces thérapies.
- Plus de 200 essais cliniques sur l’ARNm sont en cours à travers le monde.
- Des chercheurs français travaillent à produire de l’ARNm à partir de levure pour réduire considérablement les coûts de fabrication.
- Une approche combinant un vaccin à ARNm et des ultrasons est testée pour améliorer le traitement du cancer du pancréas, une maladie particulièrement agressive.
L’intérêt pour l’utilisation de l’ARN messager, ces molécules porteuses d’instructions génétiques, ne cesse de croître dans le domaine médical. Le succès retentissant des vaccins à ARNm contre la Covid-19 a démontré le potentiel de cette technologie, récompensée par le Prix Nobel de médecine en 2023. Les chercheurs explorent désormais ses applications pour renforcer la réponse immunitaire et améliorer les traitements contre le cancer, mais aussi pour des maladies génétiques rares, des troubles cellulaires ou encore les allergies.
Dans un laboratoire d’Orléans, des scientifiques de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) étudient différentes formulations d’ARNm. L’objectif est de stimuler le système immunitaire pour qu’il reconnaisse et combatte les cellules tumorales. Le laboratoire ART de l’INSERM se concentre sur cette approche prometteuse.
Si l’ARNm est connu depuis les années 1960, la pandémie de Covid-19 a accéléré son développement et mis en évidence sa flexibilité. Cependant, la production d’ARNm reste coûteuse et souvent limitée par des brevets détenus par des entreprises américaines. Pour surmonter cet obstacle, l’équipe de l’INSERM explore une alternative : la production d’ARNm dans la levure, un organisme qui pourrait réduire les coûts de fabrication de 10 à 50 fois.
La purification des molécules d’ARNm produites à partir de levure est une étape cruciale pour garantir leur conformité aux normes pharmaceutiques. Parallèlement, les chercheurs développent une thérapie innovante contre le cancer du pancréas, une maladie particulièrement redoutable, caractérisée par un faible taux de survie.
Malgré une amélioration du taux de survie à 5 ans, passant de 5 % en 2000 à environ 10 % aujourd’hui, les progrès dans le traitement du cancer du pancréas restent limités. La chimiothérapie et l’immunothérapie offrent des bénéfices modestes aux patients. C’est pourquoi les chercheurs français misent sur une approche combinée : un vaccin à ARNm associé à la technologie des ultrasons.
Les ultrasons de haute intensité créent des vibrations dans les tissus, générant des microbulles de gaz qui, en explosant de manière contrôlée, détruisent les barrières entourant la tumeur pancréatique. Ce processus, appelé « perméabilisation », permettrait au vaccin à ARNm de pénétrer plus efficacement dans la masse tumorale et d’activer les cellules du système immunitaire pour qu’elles attaquent le cancer. Les premiers résultats indiquent que l’utilisation d’ultrasons sur le pancréas est sûre et peut améliorer la réponse aux traitements existants.
La prochaine étape consistera à évaluer l’impact de cette combinaison sur la survie des patients atteints de cancer du pancréas. Ces premiers résultats ont été présentés à l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer du pancréas, célébrée chaque année le troisième jeudi de novembre pour sensibiliser le public à cette maladie grave.
Le cancer du pancréas est la sixième cause de décès par cancer dans le monde, avec un taux de survie à cinq ans très faible. On estime qu’environ 470 000 personnes y succomberont cette année à travers le monde.