Publié le 7 novembre 2025 à 02h34. Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs pays d’Asie-Pacifique pour dénoncer la politique énergétique du Japon, accusé de promouvoir les énergies fossiles sous couvert de transition écologique à travers l’initiative AZEC (Communauté asiatique zéro émission). La société civile régionale exige un virage vers les énergies renouvelables.
- Des actions de protestation ont été menées au Japon, aux Philippines, en Malaisie et en Australie.
- Les manifestants dénoncent l’utilisation du gaz fossile et des technologies associées (ammoniac, captage et stockage du carbone) comme solutions climatiques.
- Plus de 36 organisations de la région Asie-Pacifique appellent le Japon à réorienter l’AZEC vers un véritable leadership climatique.
Une vague de contestation a déferlé à travers l’Asie-Pacifique, de Tokyo aux ambassades japonaises de Manille et Jakarta, en passant par les rues de Kuala Lumpur et Sydney. Des militants et des organisations de la société civile se sont mobilisés pour exprimer leur opposition à l’initiative AZEC, lancée par le Japon et présentée comme une plateforme régionale pour atteindre la neutralité carbone.
Selon les critiques, l’AZEC sert en réalité de prétexte pour promouvoir le gaz fossile comme énergie de transition et des technologies controversées comme l’ammoniac et le captage et stockage du carbone (CSC). Ces solutions, selon les manifestants, risquent de prolonger la dépendance aux énergies fossiles au lieu d’accélérer le développement des énergies renouvelables, telles que l’énergie solaire et éolienne.
Le point culminant de cette mobilisation s’est déroulé à Kuala Lumpur, en Malaisie, où se tenait le sommet de l’AZEC le 26 octobre. Les organisations de la société civile ont adressé une déclaration commune au Premier ministre japonais Sanae Takaichi et aux autres dirigeants régionaux, leur demandant de réorienter l’AZEC vers une véritable politique climatique ambitieuse.
Aux Philippines, des groupes de militants, menés par le Mouvement des peuples asiatiques pour la dette et le développement (APMDD), ont organisé une manifestation devant l’ambassade du Japon. Ils ont exprimé leur indignation face à la promotion des combustibles fossiles par le Japon, alors que les Philippines sont particulièrement vulnérables aux catastrophes climatiques, notamment les typhons et l’élévation du niveau de la mer.
En Malaisie, où se déroulait le sommet de l’AZEC, des militants du réseau Artivist ont dénoncé la stratégie japonaise de CSC, qu’ils considèrent comme une tentative de se débarrasser de ses déchets de carbone sur les communautés locales. Ils ont déclaré que l’AZEC ne devrait pas légitimer ce qu’ils qualifient de « dumping de carbone ».
En Indonésie, plusieurs actions de protestation ont eu lieu dans différentes villes, de Karawang à Bali. Le réseau Don’t Gas Indonesia, coordonné par KruHa, a organisé des manifestations pacifiques devant l’ambassade du Japon à Jakarta, en présence de représentants de Walhi Nasional, Walhi Jakarta, Celios, Greenpeace Indonesia, Jatam, Trend Asia et AEER.
Au Japon même, des organisations ont manifesté devant les lieux de pouvoir à Tokyo, dénonçant l’exportation d’infrastructures à combustibles fossiles par leur propre gouvernement. Elles soulignent que la lutte pour la justice climatique dépasse les frontières nationales.
En Australie, des actions de solidarité ont été organisées à Canberra, Darwin et Sydney, mettant en évidence les liens entre le programme AZEC du Japon et ses impacts sur les terres sacrées aborigènes, actuellement menacées par des projets gaziers financés par le Japon.
Cette mobilisation coordonnée dans cinq pays différents témoigne d’un réseau de résistance régional déterminé à refuser toute forme de compromis sur la transition énergétique. Les organisations de la région Asie-Pacifique ont mis en commun leurs ressources, leurs stratégies et leur énergie pour faire entendre leur voix.
Les manifestants ont également engagé le dialogue avec des parlementaires malaisiens, exprimant leurs préoccupations et partageant leurs analyses sur les risques du greenwashing de l’AZEC. Ils ont publié des analyses détaillées pour dénoncer les failles de cette initiative.
Les 36 organisations signataires de la déclaration commune exigent que le Japon mette fin à son soutien aux technologies fossiles (GNL, co-combustion ammoniac/hydrogène, biomasse et CSC), réoriente ses financements publics vers le développement des énergies renouvelables communautaires et l’efficacité énergétique, et respecte les communautés et les écosystèmes de la région, en veillant à ce que l’ASEAN ne devienne pas un dépotoir pour les déchets de carbone du Japon ou des technologies obsolètes.
Cette semaine d’action mondiale démontre que la société civile de toute la région Asie-Pacifique est vigilante et déterminée à empêcher le Japon de compromettre la transition énergétique de la région. Un mouvement régional, composé d’activistes de terrain, de chercheurs et de parlementaires, exige que l’AZEC tienne ses promesses en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Les actions coordonnées contre l’AZEC du Japon prouvent que lorsque nous nous organisons au-delà des frontières, lorsque nous privilégions la solidarité et lorsque nous refusons les fausses solutions, nous devenons une force incontournable.
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