Au cœur de Montpellier, une boutique colorée et foisonnante résiste à la standardisation : la mercerie “MerCerie”, rue des Étuves, attire une clientèle intergénérationnelle et passionnée, portée par l’expertise et la longévité de son fondateur.
La boutique, véritable caverne d’Ali Baba pour les amateurs de loisirs créatifs, propose un éventail impressionnant d’articles : perles scintillantes, pelotes de laine aux teintes vives, tissus variés et une multitude d’accessoires de couture. Loin de l’image d’un commerce désuet, “MerCerie” séduit désormais autant d’hommes que de femmes, de tous âges.
L’histoire de ce commerce atypique débute en 1981, presque par hasard, lorsqu’un agent immobilier, Claude Boudet, se retrouve avec un local vacant rue des Étuves. « L’époque n’était pas propice pour ce projet », explique-t-il. L’opportunité de reprendre une mercerie en liquidation dans la Grand’Rue se présente alors, et c’est ainsi que “MerCerie” voit le jour.
Depuis, l’établissement a déménagé à trois reprises dans la même rue, s’installant successivement au 36, puis au 34 dans les années 2000, avant de trouver son emplacement actuel au 23. « On a toujours très bien travaillé, donc je ne me suis jamais arrêté », témoigne Claude Boudet, aujourd’hui âgé de 82 ans et toujours aux commandes.
La mercerie a connu des moments forts, comme l’engouement pour les perles Swarovski au milieu des années 2000. « Les comptoirs éblouissaient tellement on avait du choix. On en vendait par centaines pour faire des bagues, des colliers, des bracelets… », se souvient-il. Mais c’est la crise sanitaire de la Covid-19 qui a marqué un tournant, avec une affluence exceptionnelle de clients venus s’approvisionner en élastiques et en tissu pour confectionner des masques. « Les gens faisaient la queue à l’extérieur… On aurait pu relier Montpellier et Paris avec toute la longueur d’élastique vendue », illustre-t-il l’ampleur du phénomène.
Aujourd’hui, “MerCerie” s’adapte aux nouvelles tendances, notamment le développement des loisirs créatifs et la prise de conscience environnementale. « Entre les loisirs créatifs qui sont devenus en vogue et la tendance au recyclage, on voit de nouvelles personnes venir », confirme Marie-Pierre, employée fidèle de l’établissement depuis 22 ans. L’équipe, composée de passionnés, se tient à disposition pour conseiller les novices et accompagner les professionnels, comme les couturières.
Akofa, ancienne cliente devenue salariée, souligne l’importance de maîtriser les techniques de couture, de broderie et de tricot pour exercer ce métier. « Pour faire ce métier, il faut s’y connaître en couture, broderie, tricot… et aimer cet univers », explique-t-elle. Marie-Pierre, quant à elle, insiste sur les bienfaits thérapeutiques de la création : « Entre les couleurs, la création, la concentration et le lâcher-prise, c’est thérapeutique. »
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