L’élection présidentielle hondurienne reste suspendue à plus de huit jours du scrutin, en raison d’une série de problèmes techniques, de contestations et d’irrégularités qui sèment le doute sur l’issue du vote. La course serrée entre Nasry Asfura et Salvador Nasralla maintient le pays en haleine, tandis que le Conseil national électoral (CNE) peine à publier des résultats définitifs.
À ce stade, le CNE n’a pas encore attribué de voix supplémentaires aux deux candidats en tête. Nasry Asfura, du Parti national, compte 1 132 321 voix (40,20 %), tandis que Salvador Nasralla, du Parti libéral, en totalise 1 112 570 (39,50 %). L’écart entre les deux hommes est de seulement 19 751 voix, pour 88,2 % des bulletins dépouillés.
La Mission d’observation électorale de l’Organisation des États américains (OEA) a appelé les autorités à accélérer le processus de dépouillement afin de mettre fin à l’incertitude qui règne au Honduras. Plusieurs facteurs expliquent ces retards.
Les problèmes techniques rencontrés par ASD, la société colombienne chargée de la transmission et du contrôle des données électorales, sont en partie responsables. L’entreprise a évoqué un « volume inhabituel et élevé de demandes » enregistré le 30 novembre 2025 à 22h30, dépassant les capacités de son infrastructure. ASD avait pourtant garanti au CNE une capacité de traitement de 200 000 requêtes par seconde. Par ailleurs, le CNE a signalé deux cyberattaques.
« Le processus était trop important pour (l’entrepreneur) », a déclaré Fernando Cerimedo, assistant de Nasry Asfura. La Mission d’observation de l’OEA a également dénoncé un « manque marqué d’expertise » dans le développement et l’exécution des solutions technologiques.
Le parti Libre, dirigé par la présidente sortante Xiomara Castro, qui occupe actuellement la troisième place avec 543 675 suffrages (19,30 %), a exigé dimanche « l’annulation totale » des élections, dénonçant une « ingérence » des États-Unis.
En outre, des irrégularités ont été signalées dans la ville de San Antonio de Flores, près de la frontière nicaraguayenne, obligeant à la répétition du vote ce dimanche 7 décembre, sous haute surveillance. Les 4 996 électeurs inscrits dans cette commune rurale pourraient donc jouer un rôle déterminant dans l’issue du scrutin.
Des incohérences ont également été relevées dans les procès-verbaux. Sur les 16 858 procès-verbaux examinés jusqu’à vendredi, 2 407 présentaient des « incohérences », nécessitant un recomptage vote par vote. Salvador Nasralla chiffre toutefois ce nombre à 5 000, affirmant que le recomptage lui donnerait un avantage de 40 000 voix sur son rival.
« Arrêtez de me voler mes voix au CNE », a lancé le candidat du Parti libéral. Marlon Ochoa, un membre du CNE nommé par le parti Libre, a même révélé que le code source du système de transmission des données avait été modifié de manière illégale, en dehors de toute garantie légale.
Enfin, le décompte des votes exprimés par les Honduriens résidant à l’étranger, principalement aux États-Unis (environ 400 000 électeurs potentiels), pourrait également s’avérer crucial. On estime que chaque bureau de vote américain pourrait enregistrer jusqu’à 1 200 voix, soit un total de 14 400 voix.
Le CNE prévoit de réviser 2 177 procès-verbaux cette semaine, en comparant les enregistrements douteux avec les urnes, afin de déterminer le résultat final.
Ana Paola Hall, la présidente du CNE, a appelé à la patience, rappelant que la législation accorde aux autorités 30 jours pour annoncer le nom du vainqueur.
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