Publié le 20 décembre 2025 17h17. José Antonio Kast, nouveau président du Chili, promet une politique migratoire ferme dès ses premiers 90 jours au pouvoir, s’inscrivant dans une vague de dirigeants d’extrême droite en Amérique latine et suscitant des interrogations sur les relations avec les pays voisins, notamment le Pérou et le Venezuela.
- José Antonio Kast a promis d’expulser les migrants en situation irrégulière du Chili, s’inspirant des politiques de Donald Trump et de Javier Milei.
- Il a cherché à obtenir le soutien de pays voisins, dont la Bolivie et le Pérou, pour faciliter le retour des migrants.
- La question migratoire, en particulier celle des Vénézuéliens, s’annonce comme un défi majeur pour le nouveau gouvernement chilien.
L’élection de José Antonio Kast à la présidence du Chili marque une inflexion à droite pour le pays. Déjà candidat malheureux face à Gabriel Boric en décembre 2021, il a su capitaliser sur les préoccupations liées à l’immigration et à la sécurité pour remporter le scrutin. Son programme, axé sur une ligne dure contre la criminalité et l’immigration irrégulière, s’inscrit dans un contexte régional marqué par l’ascension de figures populistes et conservatrices.
Dès sa victoire, José Antonio Kast a multiplié les signaux forts. Un voyage à Buenos Aires, où il a enregistré une vidéo avec Javier Milei, le président argentin, a particulièrement fait sensation. Sur cette vidéo, on voit M. Milei brandir une tronçonneuse, symbole de sa politique d’austérité radicale.
« S’il y a une bonne nouvelle, c’est que la liberté progresse en Amérique latine »,
José Antonio Kast
« Vive la putain de liberté ! »
Javier Milei
Cette démonstration d’affinités avec l’extrême droite argentine souligne la volonté de Kast de s’inscrire dans un mouvement continental.
Le nouveau président chilien a d’ores et déjà annoncé son intention de mettre en œuvre sa politique migratoire dès ses premiers jours au pouvoir. Il a évoqué la nécessité de coordonner les efforts avec les pays d’origine des migrants, notamment le Pérou et le Venezuela, afin de faciliter leur retour. Il a même affirmé avoir pris contact avec le président bolivien, Rodrigo Paz, bien qu’il n’entretenait aucune relation diplomatique avec lui au niveau d’ambassadeur.
Lors de sa campagne, Kast a régulièrement rappelé l’urgence d’agir : « Il leur reste 112 jours, il leur reste 111 jours, etc. ». Le 11 mars (date traditionnelle de la passation de pouvoir au Chili) est perçu par le nouveau président comme une échéance à respecter. Il a illustré sa fermeté lors d’une rencontre avec une Vénézuélienne, Bianca, qui lui exprimait son attachement au Chili.
« Il vaut mieux que vous pensiez à partir le plus tôt possible. Parce qu’aujourd’hui vous avez vos atouts, si vous ne le faites pas, vous ne pourrez pas le faire avec vos atouts »,
José Antonio Kast
Cette phrase, rapportée par le journal El Comercio, témoigne de la détermination du nouveau président à faire appliquer sa politique migratoire.
La question vénézuélienne s’annonce particulièrement épineuse. Kast envisage la mise en place d’un « couloir humanitaire » pour faciliter le retour des Vénézuéliens dans leur pays d’origine. Cependant, cette initiative se heurte à de nombreuses difficultés, notamment l’opposition du Pérou et, surtout, du Venezuela. Le ministère péruvien des Affaires étrangères pourrait bloquer cette initiative.
Père de neuf enfants, José Antonio Kast se présente comme un défenseur des valeurs familiales traditionnelles et s’oppose à l’avortement. Il a toutefois nuancé sa position lors de sa campagne, affirmant qu’il ne souhaitait pas interdire la pilule du lendemain, mais que les parents devraient être informés si leurs filles mineures y avaient recours. Dans le débat politique chilien, la question des droits sexuels et reproductifs est distincte des enjeux économiques. Kast incarne cette dualité : libéral en matière économique, conservateur en matière de valeurs.
Le président colombien, Gustavo Petro, a vivement critiqué José Antonio Kast, le qualifiant de « fils de nazi ».
« Je ne serrerai jamais la main d’un nazi ou du fils d’un nazi »,
Gustavo Petro
Kast a répondu en affirmant son soutien à la politique de Donald Trump à l’égard du Venezuela.
« Ce n’est pas à nous de résoudre le problème, mais celui qui le fera aura notre soutien »,
José Antonio Kast
Malgré ses positions tranchées, l’arrivée de José Antonio Kast au pouvoir pourrait offrir des opportunités de coopération avec le Pérou, notamment dans les domaines économique et commercial. Cependant, une gestion trop rigide de la question migratoire pourrait créer des tensions entre les deux pays. La première conversation téléphonique avec le président péruvien, José Jerí, a été qualifiée de « presque désobligeante » par Kast lui-même, qui a évoqué la nécessité d’une coordination pour ouvrir un « couloir humanitaire » pour le retour des migrants. Une fois de plus, l’idée de ce couloir se heurte à l’opposition péruvienne. L’avenir nous dira si le 11 mars marquera un tournant décisif dans la politique migratoire chilienne.

Le président José Jerí a félicité le triomphe de José Antonio Kast comme président élu du Chili. Photo : Présidence du Pérou.
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