Publié le 18 janvier 2026 à 01h17. Face à la menace de tarifs douaniers américains, le Premier ministre britannique Keir Starmer adopte une posture plus ferme à l’égard de Donald Trump, tout en naviguant dans un contexte géopolitique complexe concernant le Groenland et la sécurité arctique.
- Keir Starmer critique les menaces de tarifs douaniers de Donald Trump envers le Royaume-Uni et d’autres pays européens.
- La situation au Groenland, et l’intérêt que lui porte l’ancien président américain, est au cœur des tensions.
- Les réactions politiques britanniques sont unanimes pour condamner l’attitude de Trump.
La tension monte entre les États-Unis et plusieurs pays européens, dont le Royaume-Uni, après les déclarations de Donald Trump menaçant d’imposer des tarifs douaniers. Le motif invoqué ? Le soutien de ces nations à la sécurité collective des alliés de l’OTAN, notamment en lien avec le Groenland.
Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a exprimé son désaccord avec l’ancien président américain, affirmant qu’il a « complètement tort » d’envisager de telles mesures. Bien que plus mesuré que le président français Emmanuel Macron, qui a déclaré ne jamais céder aux « intimidations ou aux menaces », Starmer marque une rupture avec une attitude plus conciliante adoptée jusqu’à présent.
Le Royaume-Uni a toujours affiché un soutien indéfectible au Danemark, pays auquel appartient le Groenland. La prudence reste cependant de mise dans les relations avec l’ancien président américain, qui a manifesté un intérêt particulier pour l’île arctique. Selon Trump, les pays européens « jouent un jeu très dangereux » en se rendant au Groenland « à des fins inconnues ».
La présence britannique au Groenland s’est limitée à un seul officier militaire, envoyé en mission de reconnaissance en prévision d’exercices conjoints avec d’autres pays. Cette présence, bien que symbolique, visait à démontrer l’engagement de l’OTAN face aux préoccupations de Trump concernant la sécurité dans la région arctique. Starmer a souligné que la sécurité dans l’Arctique est une affaire qui concerne l’ensemble de l’OTAN et que tous les alliés devraient renforcer leur coopération, notamment face à la menace russe.
David Blevins réfléchit aux conséquences possibles de la décision de Trump sur les relations entre le Royaume-Uni et les États-Unis.
L’engagement personnel de Starmer dans le développement d’une relation avec Trump, malgré leurs divergences, a été perçu comme un succès, notamment dans le contexte du soutien à l’Ukraine. Cependant, cette relation semble désormais déséquilibrée, Trump accusant le Royaume-Uni et ses alliés de mener une politique dangereuse.
L’opposition britannique s’est également rangée du côté de Starmer. Kemi Badenoch, chef de file des conservateurs, a qualifié l’approche de Trump de « complètement fausse ». Nigel Farage, leader de Reform UK, a déclaré que son parti n’était « certainement pas » d’accord avec le gouvernement américain. Ed Davey, du parti libéral-démocrate, a appelé le Premier ministre à faire preuve de fermeté face à l’ancien président américain.
Les Groenlandais manifestent devant le consulat américain à Nuuk contre le projet de Donald Trump de s’emparer de leur île. Photo: Reuters
Des députés de tous bords ont exprimé leur indignation, certains allant jusqu’à qualifier Trump de « gangster pirate » et demandant l’annulation de la visite royale. La question se pose désormais de savoir comment le Royaume-Uni peut répondre à ces menaces, notamment en termes de guerre commerciale, avec des tarifs douaniers potentiels de 10 % et 25 % s’ajoutant aux droits de douane existants.
Des solutions sont envisagées, comme une visite urgente à Washington de dirigeants européens ou l’intervention de la Première ministre italienne Georgia Meloni, qui entretient de bonnes relations avec Trump. La possibilité de contre-tarifs ou d’une capitulation face aux exigences américaines est également sur la table. Quoi qu’il en soit, la position de Donald Trump est claire : la voie à suivre pour les dirigeants européens l’est beaucoup moins.
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