Publié le 14 novembre 2025 à 15h23. Des rumeurs de complot interne secouent le Parti travailliste britannique alors que des sources anonymes évoquent une possible remise en question du leadership de Keir Starmer, fragilisé par des sondages défavorables et des tensions au sein de son équipe.
- Des proches de Keir Starmer auraient évoqué la possibilité d’une course à la direction du parti, moins de deux ans après son arrivée au pouvoir.
- Le secrétaire à la Santé, Wes Streeting, a été cité comme un potentiel successeur, avant de démentir catégoriquement toute ambition de défier le Premier ministre.
- L’affaire met en lumière les divisions internes au sein du Parti travailliste et la pression croissante sur Keir Starmer, dont la popularité est en baisse.
La semaine a été marquée par une série de révélations et de démentis concernant l’avenir du leadership du Parti travailliste. Mardi soir, le quotidien The Guardian a publié des informations faisant état de discussions au sein de l’entourage de Keir Starmer sur une éventuelle contestation de son poste. Des sources anonymes ont affirmé qu’une course à la direction pourrait se profiler, malgré le fait que le Premier ministre n’est en poste que depuis un an.
Le nom de Wes Streeting, secrétaire d’État à la Santé et aux Affaires sociales, a rapidement circulé comme celui d’un potentiel challenger. Selon les mêmes sources, il aurait déjà rassemblé un soutien significatif pour succéder à Starmer. Cependant, Streeting a balayé ces allégations mercredi matin, qualifiant les rumeurs de « ridicules » et affirmant qu’il ne remettait pas en question la position de son chef.
« Je ne fais aucune des choses qu’un conférencier idiot a dites du jour au lendemain. »
Wes Streeting, secrétaire d’État à la Santé et aux Affaires sociales
Interrogé sur la nécessité de sanctionner les responsables de ces fuites, Streeting a répondu avec virulence : « Oui. Mais il [Starmer] doit d’abord les trouver, et je ne m’attendrais pas à ce qu’il perde beaucoup de temps là-dessus. » Il a également souligné l’existence de personnes au sein de l’équipe du Premier ministre qui ne partagent pas sa vision et son style de leadership.
Face à cette tempête médiatique, Keir Starmer a réagi jeudi en dénonçant ces « briefings » contre ses ministres comme étant « totalement inacceptables ». Il a affirmé avoir demandé à son équipe de garantir qu’aucune fuite de ce type n’ait émané du 10 Downing Street, tout en insistant sur la nécessité de mettre fin à ces pratiques.
« J’ai parlé à mon équipe aujourd’hui. On m’a assuré qu’aucun briefing contre les ministres n’avait été fait depuis le numéro 10, mais j’ai clairement indiqué que je trouvais cela absolument inacceptable. »
Keir Starmer, Premier ministre britannique
Ces conflits internes interviennent à un moment délicat pour le Parti travailliste, alors que les sondages d’opinion révèlent une perte de confiance envers Keir Starmer. Un récent sondage YouGov, publié mardi, indique que seulement 27 % des personnes interrogées (sur un échantillon de 4 989 personnes) souhaitent qu’il reste à la tête du parti.
Les rumeurs d’un complot de leadership s’appuient sur la crainte que destituer Starmer trop tôt dans son mandat puisse déstabiliser les marchés financiers et nuire aux relations internationales du Royaume-Uni. Une source anonyme citée par The Guardian a même affirmé que le parti « ne s’en remettrait pas avant une génération ».
D’autres noms ont été évoqués comme potentiels successeurs, notamment celui de Shabana Mahmood, ministre de l’Intérieur, et d’Ed Miliband, secrétaire à l’Énergie et ancien dirigeant du Parti travailliste.
Nicholas Allen, professeur de sciences politiques à l’Université Royal Holloway de Londres, estime que ces fuites révèlent une « réelle inquiétude, du moins dans certains milieux, quant à la vulnérabilité de Starmer ». Il souligne qu’il serait difficile d’organiser une nouvelle élection à la direction du parti, en raison des règles internes qui exigent le soutien de 20 % des députés.
L’identité des auteurs de ces « briefings » fait l’objet de spéculations. Certains suggèrent que Morgan McSweeney, le chef de cabinet de Starmer, pourrait être à l’origine de ces manœuvres, dans le but de dissuader toute tentative de contestation.
L’opposition conservatrice, menée par Kemi Badenoch, n’a pas tardé à réagir, accusant Starmer d’avoir perdu le contrôle de son parti. Al Jazeera rapporte que Badenoch a qualifié Starmer de « Premier ministre faible en guerre contre son propre cabinet ».
Le parti d’extrême droite Reform UK a également saisi l’occasion pour critiquer le Parti travailliste, dénonçant la possibilité que le prochain Premier ministre soit choisi par un groupe de « personnes déséquilibrées ». La montée en puissance de Reform UK constitue une menace croissante pour les principaux partis britanniques.
Ces tensions internes surviennent à deux semaines de la présentation du budget d’automne le 26 novembre, un événement crucial qui pourrait influencer l’avenir politique de Keir Starmer. Les spéculations vont bon train concernant d’éventuelles augmentations d’impôts, ce qui pourrait provoquer une nouvelle vague de mécontentement au sein du parti et de l’opinion publique. Le Financial Times rapporte que Rachel Reeves, la chancelière de l’Échiquier, exclut désormais toute augmentation de l’impôt sur le revenu, par crainte de réactions négatives.
Depuis son arrivée au pouvoir, Keir Starmer a été confronté à des critiques sur divers sujets, notamment la migration, la réponse aux manifestations d’extrême droite et les erreurs administratives, comme la libération accidentelle de prisonniers. Ces difficultés contribuent à expliquer la baisse de sa popularité et la fragilité de sa position à la tête du Parti travailliste.
Pour aller plus loin
- US embassies issue alerts after Trump vows to hit Iran ‘hard
- EN DIRECT, guerre au Moyen-Orient : Donald Trump assure retenir des frappes contre l’Iran à la
- "Les audiences linéaires sont naturellement plus modestes" : 1 mois après son lancement, Christophe Beaugrand fait un premier bilan de la 14e saison de "Secret Story" (lederniereheure.com)
