L’ancien directeur des investissements de Western Asset Management Co., Ken Leech, a accepté de verser une amende civile de 3 millions de dollars à la suite d’un accord amiable avec la Securities and Exchange Commission (SEC) concernant des accusations de manipulation d’ordres boursiers.
Le compromis exige l’approbation d’un juge fédéral, selon les dossiers judiciaires déposés le mardi 6 octobre 2026. L’intéressé a consenti à cette pénalité financière sans pour autant admettre ni nier les accusations formulées par le gendarme de la Bourse, un avocat de la défense ayant refusé de formuler des commentaires publics.
Les mécanismes d’attribution préférentielle et l’enquête de la SEC
Les autorités fédérales reprochent au gestionnaire d’avoir orchestré une pratique connue sous le nom de cherry-picking
. Cette méthode illicite consiste à différer la répartition des transactions financières jusqu’à la clôture des marchés afin d’attribuer délibérément les plus-values aux portefeuilles privilégiés tout en reléguant les contre-performances aux autres clients.

Selon les précisions rapportées par Ainvest, le stratège attendait que les cours évoluent au cours de la première journée, observant précisément les seuils fixés par les marchés à terme après 12h00, heure du Pacifique, avant de ventiler les titres. Les portefeuilles bénéficiaires profitaient ainsi des gains initiaux, tandis que les portefeuilles dits Core
et Core Plus
subissaient les pertes. Les procureurs ont estimé que ce mécanisme frauduleux a piloté plus de 600 millions de dollars de gains vers des comptes favoris entre janvier 2021 et octobre 2023.
Les autorités ont accusé l’ancien dirigeant d’avoir menti lors d’une déposition assermentée devant la SEC en répondant par l’affirmative lorsqu’il lui a été demandé s’il avait an allocation in mind
(une allocation en tête) au moment de passer les ordres.
L’impact financier pour Western Asset et la indemnisation des investisseurs
Si l’amende personnelle s’élève à 3 millions de dollars, la facture globale s’avère considérablement plus lourde pour son ancienne structure. Comme le relève l’agence Reuters, cette sanction s’ajoute à une pénalité civile de 100 millions de dollars acceptée en juin 2026 par Western Asset Management Co., connue sous le sigle Wamco et filiale de Franklin Resources (dont les marques comprennent Franklin Templeton), pour manquement à sa surveillance interne. L’ensemble de ces versements doit alimenter un fonds destiné à restituer 103 millions de dollars aux épargnants lésés.

Les répercussions commerciales n’ont pas tardé à frapper l’entreprise, provoquant une fuite massive de capitaux. Entre la divulgation d’un audit interne en août 2024 et le mois de janvier 2025, environ 120 milliards de dollars ont quitté les fonds de la société, selon les données relayées par Bloomberg Law News et analysées par les observateurs du secteur.
L’évolution des procédures pénales et les suites judiciaires
Sur le plan pénal, la situation de l’ancien gestionnaire a évolué à la suite d’un plaidoyer de culpabilité prononcé en juin 2026 pour un chef d’accusation d’obstruction à l’enquête fédérale. Les procureurs ont choisi d’abandonner quatre autres chefs d’inculpation pour fraude, ouvrant la voie à une recommandation de peine de prison allant de six à douze mois conformément aux directives fédérales. Parallèlement, le juge George H. Wu, du tribunal de district américain pour le district central de Californie, a confirmé dans une décision récente que la firme et son ancien dirigeant devaient faire face à la plainte civile distincte déposée par les investisseurs.
Le tribunal a estimé que les demandeurs avaient suffisamment établi que les pratiques reprochées s’appuyaient sur un report délibéré des attributions afin d’observer les performances boursières avant de privilégier certains comptes. De surcroît, le juge a précisé dans sa décision que la connaissance de ces agissements par l’ancien co-directeur des investissements pouvait être directement imputée à la structure de gestion Wamco.