Home NouvellesKicillof a exigé que le ministre Caputo approuve la nouvelle prise de dette dès qu’il l’enverra

Kicillof a exigé que le ministre Caputo approuve la nouvelle prise de dette dès qu’il l’enverra

by Nicolas Lefèvre

Publié le 5 décembre 2025 à 15h30. Une dispute ouverte éclate entre le gouvernement de la province de Buenos Aires, dirigé par Axel Kicillof, et l’administration nationale de Luis Caputo concernant une nouvelle dette de 3,685 millions de dollars américains (environ 3,36 millions d’euros), mettant en péril les finances provinciales et ravivant les tensions politiques.

  • Le gouverneur Kicillof accuse le gouvernement national de créer des obstacles à l’approbation de la dette, nécessaire au refinancement des obligations existantes.
  • Le ministre de l’Économie, Luis Caputo, justifie le blocage par le non-respect par Buenos Aires de la loi sur la responsabilité fiscale.
  • La province de Buenos Aires dénonce une tentative d’asphyxie financière et menace de révéler publiquement les pressions exercées.

La demande de dette de la province de Buenos Aires, déjà approuvée par le parlement provincial, est au cœur d’une crise croissante avec le gouvernement national. Axel Kicillof a publiquement exprimé son irritation face à la lenteur de l’approbation, lançant un appel direct au ministre Caputo :

« Qu’ils l’approuvent et vite, dès que je l’envoie, hein. Coup rapide, Toto. »

Axel Kicillof, gouverneur de Buenos Aires

Selon Kicillof, cette nouvelle ligne de crédit est essentielle pour refinancer la dette accumulée sous l’administration précédente de Maria Eugenia Vidal. Il accuse le gouvernement national de semer le doute et de créer des obstacles inutiles, rappelant que la Nation doit à la province de Buenos Aires 13 milliards de pesos (environ 24,5 millions d’euros).

« Ils ne peuvent plus nous causer de problèmes. Ils nous doivent 13 milliards. Qu’ils nous les rendent. »

Axel Kicillof, gouverneur de Buenos Aires

Carlos Blanco, ministre du gouvernement et bras droit de Kicillof, a qualifié un éventuel rejet de la dette de « scandale », menaçant de dénoncer publiquement les agissements du gouvernement national. Il souligne que d’autres provinces, comme Santa Fe, ont récemment pu s’endetter sans difficulté, se demandant pourquoi Buenos Aires serait traitée différemment.

« La seule province qui ne peut pas s’endetter, c’est Buenos Aires ? C’est ridicule. »

Carlos Blanco, ministre du gouvernement de Buenos Aires

En réponse, Luis Caputo a invoqué la loi sur la responsabilité fiscale de 2004, qui interdit aux provinces de s’endetter si leurs dépenses courantes dépassent l’inflation. Il affirme que Buenos Aires ne respecte pas cette règle, rendant techniquement illégale la nouvelle dette.

Le député national Sebastián Pareja, proche de la présidente Milei, a affirmé que le gouvernement national rejetterait la demande de Kicillof.

La province de Buenos Aires justifie le montant de la dette par un niveau d’endettement relativement faible, estimé à 6% du PIB provincial. Selon Blanco, les fonds sont destinés à honorer les échéances de la dette héritée de l’administration Vidal et à récupérer des paiements effectués avec les propres recettes de la province. Il a également nié que cette demande de fonds soit liée à la campagne présidentielle de Kicillof pour 2027, dénonçant les accusations d’Agustín Romo, chef du bloc libertaire à la Chambre des députés, comme étant « folles ».

Un point de friction supplémentaire concerne la distribution de postes à Banco Provincia, négociée en échange du soutien parlementaire à la loi de financement. Kicillof a accepté d’augmenter le nombre de postes à 14, avec des salaires élevés, répartis entre différents partis politiques, y compris des anciens alliés et des rivaux.

La semaine dernière, le ministère de l’Économie de Buenos Aires avait déjà entamé des négociations avec le gouvernement national pour débloquer une garantie d’émission de lettres de l’année précédente, qui avait été initialement bloquée.

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