Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a supervisé le lancement d’un missile balistique de portée intermédiaire depuis la région de Wonsan. Les médias d’État ont affirmé que le projectile utilisait l’intelligence artificielle pour ajuster sa trajectoire de vol à basse altitude, tandis que Séoul conteste toute impossibilité d’interception.
Le projectile a parcouru plus de 700 kilomètres avant de chuter en mer de l’Est, selon les relevés de l’état-major interarmées sud-coréen.
Les déclarations de Pyongyang sur l’intelligence artificielle et la trajectoire du missile
Du côté du régime, la mise en avant de l’intelligence artificielle vise à souligner l’infaillibilité de la nouvelle arme. Kim Yo Jong, la sœur du dirigeant et porte-parole officieuse du pouvoir, a affirmé que l’intégration de cette technologie permettait au projectile de modifier son parcours à basse altitude, rendant toute riposte vaine.
Il n’existe aucun moyen d’éviter l’attaque de ce type de missile balistique utilisant l’intelligence artificielle.
Kim Yo Jong, porte-parole officieuse et sœur du dirigeant nord-coréen
Kim Jong Un a abondé dans ce sens, estimant selon l’agence officielle KCNA qu’aucun pays au monde ne pourrait avoir accès à une telle technologie avant au moins plusieurs années.

La réponse de Séoul et l’évaluation des experts
Face à ces affirmations, l’armée sud-coréenne a immédiatement tempéré la portée de l’essai. Le ministère de la Défense à Séoul a affirmé que le projectile se situait largement dans les capacités de détection et d’interception de la défense conjointe menée avec les États-Unis.
Les spécialistes restent également prudents quant à la réalité opérationnelle de ces avancées technologiques.
Néanmoins, la publication par les médias d’État des coordonnées exactes du point d’impact, avec une précision décimale estimée par des experts à environ 30 centimètres, témoigne d’un degré de confiance marqué de la part de Pyongyang dans ses exercices balistiques.
Le climat de tension bilatérale autour de la zone démilitarisée
Ce nouvel essai intervient alors que les frictions s'accentuent entre les deux voisins. Séoul a récemment accusé la Corée du Nord d’avoir posé des mines antipersonnel dans sa portion de la Zone démilitarisée, un incident dont l’explosion a blessé trois soldats sud-coréens le 21 septembre.
Le ministère sud-coréen de la Défense a exigé des excuses, qualifiant l’événement de violation manifeste de l’armistice de 1953. La Corée du Nord a rejeté ces accusations en les qualifiant de pathétiques, tandis que Kim Yo Jong a affirmé que son pays ne tolérerait aucune ouverture diplomatique avec l’administration sud-coréenne actuelle.

Les alliances géopolitiques et les perspectives diplomatiques
Les analystes soulignent par ailleurs que le programme d’armement nord-coréen bénéficie d’un contexte international complexe, marqué par des rapprochements militaires entre Pyongyang et Moscou, formalisés par un accord de défense mutuelle conclu en 2024.
Sur le plan diplomatique, le président américain Donald Trump, qui a rencontré Kim Jong Un à trois reprises lors de son premier mandat entre 2017 et 2021, a indiqué son intention de renouer le dialogue d’ici la fin de l’année, tandis que la Corée du Nord maintient sa position de refus face aux ouvertures de Séoul.