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KKS EISKALT MIT Sergio – Käfel – Inside Paradeplatz

by Amélie Bernard

Publié le 1er octobre 2025 à 05h59. La ministre des Finances suisse, Karin Keller-Sutter, refuse catégoriquement une rencontre avec le PDG d’UBS, Sergio Ermotti, après les critiques de ce dernier concernant les exigences de fonds propres imposées par Berne, ravivant les tensions autour de l’intégration de Credit Suisse.

  • Sergio Ermotti a exprimé son mécontentement face au refus de Karin Keller-Sutter de le rencontrer.
  • La ministre des Finances justifie sa décision en soulignant le manque de gratitude d’UBS et ses pratiques jugées préjudiciables à l’économie suisse.
  • Les critiques d’Ermotti portent sur les exigences de fonds propres supplémentaires, qu’il estime pénalisantes pour UBS et ses clients.

La relation entre le PDG d’UBS et la ministre des Finances suisse est à son plus bas. Sergio Ermotti s’est dit prêt à rencontrer Karin Keller-Sutter, mais cette dernière a immédiatement rejeté sa proposition, selon le journal Blick . Elle lui reproche notamment de ne pas avoir reconnu l’aide apportée par l’État lors du sauvetage de Credit Suisse (CS) il y a deux ans et demi, en particulier l’absence de reconnaissance pour les 25 milliards de francs suisses (environ 27 milliards d’euros) de capitaux supplémentaires fournis à l’époque.

Selon Ermotti, Karin Keller-Sutter, surnommée KKS, l’aurait “mis à la corde”. Il estime qu’UBS a reçu un cadeau empoisonné avec l’acquisition de CS à un prix dérisoire, et qu’elle ne lui témoigne aucune reconnaissance. Il accuse également la ministre de vouloir freiner l’ambition d’UBS de jouer un rôle majeur sur les marchés financiers internationaux, notamment à Wall Street.

Karin Keller-Sutter, cependant, ne se laisse pas impressionner. Elle considère qu’UBS est non seulement ingrat, mais aussi dangereux pour la Suisse. Elle critique les pratiques d’UBS, notamment la destruction de la marque CS, l’affaiblissement de sa présence en Suisse et les taux d’intérêt élevés pratiqués sur les prêts, qualifiés d'”usuraires”. Elle dénonce également la disparition de CSX, l’application bancaire mobile de CS, jugée prometteuse, mais sacrifiée au profit des intérêts d’UBS.

La ministre souligne que la Suisse a déjà subi des pertes considérables (400 milliards de dollars américains/britanniques depuis les années 1990) en raison des activités d’UBS . Elle estime qu’il est temps de mettre un terme à cette situation et de protéger les intérêts du pays. La NZZ a d’ailleurs reconnu que les nouvelles exigences de fonds propres imposées par Keller-Sutter limitent les activités américaines d’UBS, ce qui est perçu comme une mesure positive pour la Suisse.

Ermotti conteste ces arguments, affirmant que les exigences de fonds propres supplémentaires augmenteront les coûts pour UBS et nuiront à l’économie suisse. Il estime que la politique de Berne est préjudiciable aux petites et moyennes entreprises (PME). Cependant, Karin Keller-Sutter rétorque que les difficultés rencontrées par les PME sont davantage dues à la politique d’UBS, qui a “tiré sur la corde” depuis l’acquisition de CS, et à sa position de monopole reconnue par l’Office fédéral de la concurrence (Weko).

La ministre des Finances bénéficie du soutien de la FINMA (Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers) et de la Banque nationale suisse (BNS). Elle appelle à une action concertée pour contrer les ambitions d’UBS et garantir la stabilité financière de la Suisse. Elle souhaite que UBS soit séparée de ses activités bancaires suisses et cotée en bourse, afin de garantir la pérennité des activités importantes pour le pays.

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